La vérificatrice générale Andrée Cossette suggère une réflexion sur les rôles et responsabilités des élus aux C.A. des organismes paramunicipaux.

Les élus veulent rester aux C.A. des paramunicipaux

Plusieurs élus sherbrookois jugent que leur présence au conseil d’administration des organismes paramunicipaux est nécessaire. S’ils sont ouverts à suivre la recommandation de la vérificatrice générale, Andrée Cossette, suggérant une réflexion sur les rôles et responsabilités des élus à ces C.A., ils ferment la porte à la possibilité de leur donner une autonomie complète.

Chantal L’Espérance, conseillère depuis vingt ans, affirme avoir toujours siégé à Cité des rivières et Destination Sherbrooke, à l’exception du dernier mandat. « Je n’ai pas été là pendant quatre ans et j’ai l’impression d’avoir manqué 20 ans d’évolution. C’est essentiel d’être présent pour comprendre le contexte dans lequel se prennent les décisions. Quand on ne siège pas au C.A., on reçoit de l’information parcellaire. Ce n’est pas comme quand on est sur place. D’éliminer complètement la présence des élus serait une très mauvaise idée. L’argent qu’on y gère est l’argent des citoyens. »

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Mme L’Espérance dit ne pas partager la lecture de la vérificatrice générale. « On a le droit de ne pas y donner suite. »

Rémi Demers, président de Commerce Sherbrooke, est ouvert à une réflexion. « La présence des élus, je ne la remets pas en question. Elle est importante et nécessaire. Il y a un échange à avoir par les membres du conseil sur le double rôle qu’on a, parce qu’il arrive qu’on se trouve dans une situation embêtante. Ce qui est important, c’est que les administrateurs aient les coudées franches. Il faut toutefois rappeler que sur une corporation, un élu a le même poids que les autres membres du C.A. : un vote. C’est un sujet extrêmement sensible, mais je suis convaincu qu’il y a un gain à confier des mandats aux organismes paramunicipaux. »

Claude Charron siège à Sherbrooke Innopole et ne voit aucun problème à porter deux chapeaux. « Nous devrions être présents aux C.A. On représente quand même le citoyen. Après, c’est le conseil municipal qui prend les décisions. »

Vincent Boutin indique que des discussions sont déjà en cours pour déterminer le rôle des élus par rapport aux paramunicipales. « On se doit de garder des élus à ces conseils d’administration, mais il y a peut-être lieu de recadrer les rôles. Il y a des dossiers sensibles qui nécessitent un doigté politique. Sur le plan de l’imputabilité, c’est bien qu’un élu soit là. »

M. Boutin mentionne que la présence de Pierre Avard comme représentant de la Ville à Récup Estrie lui a permis de mieux saisir les problèmes qui y sont constatés.

Pierre Avard est justement plus critique. « On dirait qu’une fois qu’un élu est nommé à un C.A., il doit appuyer tout ce qui s’y fait sans réserver. On peut se demander s’il représente toujours la Ville ou s’il devient porte-parole de l’organisme. Je présume que la présence des élus permet de garder un lien. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut plus de prise sur ce qui se passe dans ces organismes. Il faut changer les façons de faire. »

Annie Godbout, présidente de Destination Sherbrooke, pense elle aussi que le statu quo est inacceptable. « J’ai aimé que la vérificatrice générale soulève cette question. Je suis ouverte à ce qu’on fasse les choses autrement. Il y a beaucoup d’élus à l’ensemble des organismes, alors qu’à la Ville, les élus ne chapeautent pas des services comme la voirie ou les infrastructures urbaines. C’est la présence des élus partout en ville qu’on doit revoir. »

Sortir les élus des C.A. ? « Ce n’est pas une si mauvaise idée à condition qu’il y ait une reddition de comptes plus établie. Ce qui est frappant, c’est que la Ville n’a pas pris le temps de donner des orientations à ces organismes. »