La présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, comme son collègue Vincent Boutin, a rappelé que les élus s’étaient adressés aux médias vendredi dernier pour défendre l’intégrité des fonctionnaires et non pour attaquer les positions d’une autre élue.

Les élus lavent leur linge sale

La mésentente concernant la vidéo de la conseillère Évelyne Beaudin à propos du stationnement du Quartier Well Sud s’est transportée au conseil municipal, lundi, donnant lieu à une longue séance de lavage de linge sale. La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a plusieurs fois répété que la sortie médiatique des élus, vendredi, visait à défendre l’intégrité des fonctionnaires plutôt qu’à attaquer une collègue.

Des citoyens habitués du conseil municipal ont dénoncé à la période des questions la sortie de l’ensemble des élus.

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France Croteau, par exemple, s’est dite inquiète pour la démocratie. « Pour ceux et celles qui ne sont pas comme le groupe, on sent un rejet. On devrait accepter les idées différentes. Si vous dites que vous êtes unis contre une personne, ça fait comme si vous étiez un parti. C’est inquiétant. »

Nicole Bergeron a nuancé ces propos. « On peut être tous contre ou en partie pour un projet, mais quand on vient dire à notre administration qu’elle n’a pas bien travaillé, il y a une différence entre l’administratif et le politique. On considérait qu’il y avait eu une charge envers les fonctionnaires. On a décidé d’appuyer notre fonction publique. Souvent, ce n’est pas sur le fond, mais sur la forme qu’il y a des écarts de perception. »

Le maire Steve Lussier a assuré qu’il n’a jamais « arrêté personne de parler autour de la table ».


« Comme présidente, j’écoute ce que la majorité des membres du conseil me demande. »
Nicole Bergeron

Catherine Boileau, qui avait milité aux côtés d’Évelyne Beaudin pour la sauvegarde du parc Willie-Bourassa-Auger, y voyait une forme d’intimidation. « Isoler quelqu’un, ignorer ses questions, s’attaquer à sa crédibilité en utilisant les médias s’apparente à de l’intimidation. Nos jeunes vous regardent. Vous êtes des modèles. »

Denis Pellerin, lui, estime que les élus sont « sortis pour bitcher, pour attaquer une personne plutôt que ses propos ». Il se disait étonné que la présidente soit « embarquée dans ce jeu-là ».

Mme Bergeron a rappelé que tous les élus avaient eu accès à des présentations concernant le stationnement du Quartier Well Sud. « Quand on vote sur un projet, on a le droit et le devoir de se prononcer pour ou contre. Personne ne remet ça en cause. Les membres du conseil ont souhaité réagir. Comme présidente, j’écoute ce que la majorité des membres du conseil me demande. On venait appuyer fortement le travail fait par nos fonctionnaires. »

« Des mots dans la bouche »

Évelyne Beaudin estimait alors qu’on lui prêtait des intentions. « Vous m’avez mis des mots dans la bouche...

« Vous répétez que j’aurais attaqué les fonctionnaires et que je remets en doute leur compétence. Je n’ai jamais fait ça. J’ai pris une analyse basée sur les besoins et je suis arrivée à un chiffre. Que vous utilisiez votre droit de parole de présidente pour me réattaquer, je trouve que c’est inapproprié. »

Steve Lussier a tenté de calmer le débat. « On ne réagira pas. »

Steve Lussier

Mais Vincent Boutin a tenté une explication. « Vous disiez, Madame Beaudin, que nous avions pris dans les airs le chiffre de 650 cases de stationnement. On peut présumer que ça remet en doute le travail qui a été fait par les fonctionnaires. Ce qui est arrivé vendredi, c’était une prise de position pour défendre le travail des fonctionnaires. Ce n’était pas une attaque partisane, mais pour défendre l’intégrité et le travail de nos fonctionnaires. »

Nicole Bergeron a précisé que l’initiative ne venait pas d’elle. « J’y ai adhéré et je ne le regrette pas. »

Quand Annie Godbout a pris la parole à son tour, Évelyne Beaudin l’a interrompue en plaidant un point de procédure. « Si vous voulez débattre de mes façons de faire, ajoutez un point à l’ordre du jour. »

Un brouhaha généralisé a suivi alors que plusieurs élus parlaient en même temps.

Une fois le calme revenu, Pierre Tremblay a attaqué à son tour la représentante de Sherbrooke Citoyen. « C’est rare que vous faites en public ce que vous faites à huis clos. Vous vous servez de la portion publique pour faire du placement politique. Je trouve ça malheureux. Si les gens voyaient les huis clos, ils verraient peut-être plus votre personnalité quand vous n’êtes pas devant les médias. »

Mme Beaudin a répliqué. « Comme quand on menace de m’exclure des huis clos? C’est ça que vous voulez dire? Vous pourriez le faire en public aussi menacer de m’exclure. »

Steve Lussier est à nouveau intervenu : « On va continuer... »