Une cinquantaine de militants environnementaux s’étaient rassemblés devant l’hôtel de ville, avant le conseil municipal, pour souligner le premier anniversaire de la signature par la Ville de Sherbrooke de la déclaration universelle d’urgence climatique et son engagement à réduire ses émissions de GES.

Les élus invités à en faire plus pour l’environnement

Les élus sherbrookois en ont-ils fait assez pour contrer les changements climatiques, un an après avoir signé la déclaration d’urgence climatique? Non, selon des dizaines de citoyens présents au conseil municipal lundi, qui les ont invités à mener plus d’actions. Karine Godbout, présidente du comité de l’environnement, a estimé que la dernière année en a été une de coordination pour jeter les bases des actions futures, notamment un plan de réduction des gaz à effet de serre prévu en 2020.

Le citoyen Félix Boudreault a appuyé sur le bouton panique en premier, indiquant que pour maintenir le réchauffement sous le seuil du 1,5 degré, il faudrait réduire de 45 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici dix ans. « Ce sont deux mandats et demi! », a-t-il martelé.

« Il faudra prendre le virage le plus important que nous ayons jamais pris. L’état de la situation à Sherbrooke est loin d’être encourageant. La Ville a échoué à réduire ses émissions de GES de 5 % entre 2009 et 2016. Depuis 2016, la Ville de Sherbrooke n’a aucun plan de réduction de nos GES », a-t-il ajouté, mentionnant que les militants seraient vigilants et nombreux pour faire changer d’avis, « ou de job », les élus qui ne seraient pas encore convaincus de l’urgence climatique.

Anne-Catherine Pilon a appelé les élus à faire appel aux forces vives de la communauté, à profiter entre autres de l’expertise de l’Université de Sherbrooke, qui forme 60 % des étudiants en environnement.

Marc-André Deschênes, du mouvement La planète s’invite à l’UdeS, a demandé si les élus étaient encore les plus compétents pour prendre des décisions dans ce contexte de crise.

Guillaume Bertrand a demandé la mise en œuvre rapide d’un plan de réduction des gaz à effet de serre. Celui-ci devrait être l’objet de consultations publiques rapidement en 2020, selon Karine Godbout. « C’est notre action que nous voulons faire rapidement. Nous sommes en train d’attacher tout ça en espérant pouvoir présenter ça à la population au printemps. Et il faudra trouver une façon efficace de communiquer ce plan et d’entendre ce que les gens ont à dire. »

La notion du stationnement de 715 cases, qui sera construit au centre-ville, a aussi alimenté le mécontentement.

Karine Godbout a rappelé les actions réalisées dans la dernière année, entre autres le lancement d’un projet-pilote de compost dans les écoles et l’optimisation du transport en commun. La création du Bureau de l’environnement a aussi été un pas en avant, ce qui permet à tous les services de penser à l’environnement lors de l’élaboration de projets.

Marc Denault, président de la Société de transport de Sherbrooke, a mentionné que tous les autobus seraient électriques en 2023. Entre-temps, le tiers des véhicules est hybride.

Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme, a rappelé que la concentration du stationnement dans les 715 nouvelles cases au centre-ville permettra d’éliminer des îlots de chaleur ailleurs.

« Nous avons un conseil très sensible à l’environnement. Quand est venu le moment de signer la déclaration d’urgence climatique, ç’a été unanime », a déclaré le maire Steve Lussier.

Si Claude Charron a plaidé que la Ville travaille avec les budgets qui sont disponibles, Évelyne Beaudin a appelé les citoyens à ne pas acheter les excuses de ceux qui se lancent la balle. « Si on veut y arriver, il faudra inclure tout le monde dans notre réflexion. Il faudra lancer des consultations officielles pour la réduction des GES. Les idées ne peuvent pas juste venir d’en haut. » Elle a cité l’aéroport, la vente possible d’un parc et la construction d’un stationnement « trop gros » pour appeler les élus à en faire plus.

Annie Gobdout dit que la Ville fait face à un défi de cohérence. « Il faudra collaborer avec les gens qui sont venus et les autres paliers. Si on veut agir rapidement, il faudra de l’argent rapidement. Il faudra miser sur les jeunes pour instaurer un changement de culture. Il faudrait aussi des objectifs mesurables pour voir à quel point nous cheminons. »

Enfin, Paul Gingues indique que tous peuvent déjà faire une grande différence en mettant leurs déchets dans le bon bac.