Ni le PQ (photo) ni QS n’a réussi à obtenir les 12 sièges ou 20 % des votes requis pour être reconnu comme groupe parlementaire. Ils ont tous deux fait élire 10 députés au scrutin du 1er octobre.

Les discussions sur le statut parlementaire du PQ et de QS iraient bon train

Les négociations pour reconnaître formellement le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) comme groupes parlementaires vont bon train, selon le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette.

Il a rencontré le whip du PQ, Harold LeBel, mercredi matin, avant la réunion hebdomadaire du conseil des ministres. Ce dernier s'est appuyé sur le précédent établi par l'Action démocratique du Québec, en 2009, lorsqu'elle avait obtenu cette reconnaissance avec seulement sept députés.

Aux dernières élections, ni le PQ ni QS n'a réussi à obtenir les 12 sièges ou 20 pour cent des votes requis pour être reconnu comme groupe parlementaire, avec dix élus chacun. Leur sort à l'Assemblée nationale repose donc entre les mains des autres partis, qui pourraient être tentés de leur donner du pain sec.

Le PQ demande à ce qu'on lui octroie les mêmes avantages qu'à l'ADQ en 2009, ce qui reviendrait en 2018 à un budget annuel d'environ 1,7 million $ et à un accroissement du temps de parole.

«On a des choses à dire, à présenter, on va avoir des questions à poser, on a besoin de recherchistes, d'une équipe», a plaidé M. LeBel en mêlée de presse, mercredi.

Si le gouvernement et l'opposition officielle refusaient de reconnaître le PQ et QS, chaque député issu de ces formations politiques deviendrait indépendant, avec l'ex-libéral Guy Ouellette, ce qui paralyserait les travaux de l'Assemblée nationale, a-t-il argué.

«À chaque fois qu'ils vont arriver avec une motion, il va falloir qu'ils aient le consentement de chacun des 21, ça peut être long, très long. Si les 21 décident que chacun fonctionne à sa façon, le Parlement, ça ne marchera pas», a-t-il dit.

Du côté de QS, on affirme ne pas vouloir étaler ses demandes sur la place publique, «par respect pour nos interlocuteurs». Une rencontre avec le gouvernement est prévue cette semaine, indique-t-on.

Croisée dans un corridor de l'Assemblée nationale, la whip du Parti libéral du Québec (PLQ), Nicole Ménard, a affirmé que son parti, qui forme l'opposition officielle avec 29 députés, est «ouvert» aux demandes du PQ et de QS.

Est-ce que la négociation sera difficile? a demandé une journaliste. «Je ne pense pas, a-t-elle répondu. Si c'était moi qui négociais, ça ne serait pas difficile», a-t-elle ajouté en riant.

Selon M. Jolin-Barrette, les discussions sont belles et bien «positives». «Ça a été une bonne discussion avec M. LeBel. Vous connaissez M. LeBel, c'est un gentilhomme, alors les discussions se poursuivent», a-t-il brièvement commenté.

«On va avoir des discussions avec l'ensemble des groupes parlementaires au cours des prochaines semaines. C'est important que le Parlement fonctionne», a-t-il renchéri.

Les parties doivent s'entendre avant le 27 novembre, date de la rentrée parlementaire.