Le président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons, Yves Gilbert, affirme que la loi 40 suscite beaucoup de questionnement de la part des commissaires scolaires de l’Estrie.

Les commissions scolaires de l'Estrie rencontrent le député Bachand

« Pourquoi le gouvernement veut-il briser quelque chose qui va bien? » C’est la première question que posera le porte-parole des commissions scolaires de l’Estrie, Yves Gilbert, au député André Bachand. Une rencontre est prévue mardi pour discuter de la loi 40 qui vise à abolir les commissions scolaires.

Yves Gilbert, qui est président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons, parlera aussi au nom de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke et de la Commission scolaire des Sommets. Le président de la CS Eastern Townships, Michael Murray, sera également de la rencontre. 

« On a un bas taux de décrochage en Estrie, on a le projet PRÉE qui existe depuis 10 ans, on a de beaux résultats, des plans qui ont été mis dans chaque commission scolaire pour réduire le décrochage, on est en bas de 5 % de taux de frais d’administration, alors que d’autres paliers gouvernementaux sont à 12 % et plus, explique M. Gilbert. On travaille avec les maires, les MRC, on a de beaux liens. On a des rencontres annuelles avec le conseil des maires. Ils nous suggèrent des choses et on les met en pratique. »

« Je ne vois pas comment le modèle qu’ils veulent mettre en place va améliorer la réussite des jeunes, continue-t-il. Je ne le vois pas. »

Quelque 25 commissaires scolaires des quatre commissions scolaires de l’Estrie se sont rencontrés vendredi soir dans le but d’établir un dialogue avec les élus. Ils aimeraient notamment comprendre comment le gouvernement Legault arrive à une économie de 45 millions $ en revoyant la structure de gouvernance scolaire.

« Je ne veux pas dénigrer personne, ce n’est pas ma façon de travailler [...] C’est une démarche honnête, loyale. Ce n’est pas de dire “mon père est plus fort que le tien”. Le système a fait ses preuves au fil des années. On veut un dialogue, pas un monologue », demande celui qui a travaillé durant 35 ans dans le système scolaire comme enseignant et directeur. 

« On se pose des questions. On veut qu’il [André Bachand] puisse vérifier auprès du ministre de l’Éducation si des choses peuvent être modifiées. Je comprends qu’il y aura une commission parlementaire. Il fait partie du parti au pouvoir, alors c’est la façon normale d’aller poser des questions. Il est très ouvert à m’entendre. Est-ce qu’il pourra me répondre? Je ne sais pas. Je n’en veux pas au député, il a l’amabilité de me recevoir », répète-t-il. 

Selon M. Gilbert, les commissaires scolaires s’impliquent, car ils croient au système. « Je pense que je peux faire une différence pour des jeunes dans leur encadrement, dans la vie communautaire. Les commissaires et moi, on peut faire la différence. Je ne suis pas ici pour dire que le nouveau modèle n’est pas bon, je tente de comprendre pourquoi on le met en place alors que l’autre fonctionne », résume-t-il.