En plus d’une baisse d’impôt, la Mise à jour économique et financière que dévoilera Carlos Leitão comportera de nouvelles injections de fonds dans les services publics, en santé et en éducation.

Leitão annoncera une baisse d’impôt rétroactive

Le Québec est en quelque sorte passé d’une situation de déficits structurels à une période de surplus structurels. C’est sur cette base que le ministre des Finances, Carlos Leitão, indiquera mardi après-midi que la baisse d’impôt de quelque 1 milliard $ qu’il annoncera sera «rétroactive». Elle concernera l’année 2017, selon des informations du Soleil — 2017, ainsi que les prochaines années, puisqu’elle sera évidemment récurrente.

Les contribuables bénéficieront des premiers fruits de cette baisse lorsqu’ils produiront leur prochaine déclaration de revenus à Revenu Québec, au printemps prochain.

La Mise à jour économique et financière que dévoilera Carlos Leitão comportera également de nouvelles injections de fonds dans les services publics, en santé et en éducation. Ces réinvestissements seront très «ciblés». Les engagements du gouvernement à cet égard s’étaleront sur plus d’une année.

Le grand livre des comptes publics de l’année financière 2016-2017 que le ministre des Finances présentera en même temps que sa mise à jour indiquera de plus que le surplus budgétaire de l’État québécois ne s’est pas élevé à 250 millions $ pour l’exercice terminé le 31 mars, mais qu’il a atteint 2,5 milliards $ — après un versement de 2 milliards $ au Fonds des générations. Ces 2,5 milliards $ non prévus ont été glissés dans la réserve dite de «stabilisation».

C’est parce que l’année en cours, celle de 2017-2018, offre des perspectives aussi intéressantes que celle de 2016-2017 que le gouvernement de Philippe Couillard a décidé de procéder à un allègement du fardeau fiscal des contribuables à travers l’impôt sur le revenu — pour cela, mais surtout en raison du compte à rebours électoral, protestent déjà les partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

Quand des surplus sont au rendez-vous chaque année, un État peut être considéré comme en situation de surplus structurels. Attention : toute période du genre est fragile, devrait faire valoir M. Leitão pour expliquer les raisons pour lesquelles tous les surplus prévus ne seront pas consacrés à la seule opération d’allègement fiscal. Le mot qu’il cherchera d’ailleurs à marteler est «équilibre».

De passage à Louiseville, lundi, le premier ministre Philippe Couillard a parlé de la baisse d’impôt à venir comme d’un «geste supplémentaire». Elle concernera «surtout les Québécois à plus bas revenus», a-t-il spécifié.

Cette mise à jour posera les jalons du troisième plan de lutte contre la pauvreté. Les adultes ne payant pas d’impôt devraient bénéficier de mesures liées à ce plan.

Deuxième volet

Il y a un an, lors de la précédente Mise à jour économique et financière, Carlos Leitão avait annoncé des investissements gouvernementaux supplémentaires «de 2,2 milliards $ pour les trois prochaines années» en santé, en éducation, ainsi que dans le développement des régions hors des centres urbains.

Dans le budget qu’il a ensuite dévoilé en mars, le ministre des Finances a amorcé l’opération dont il parlera ce mardi en annonçant une réduction d’impôt. Il a fait passer la première tranche de revenu «protégée de l’impôt» de 11 635 $ à 14 890 $, ce qui coûte près de 300 millions $ à l’État, mais qui ne représente qu’un gain annuel individuel de… 55 $. L’abolition de la taxe santé avait aussi été devancée pour à peu près tout le monde.

La confirmation dans quelques heures d’un allègement du fardeau fiscal pour 2017 s’ajoutera aux mesures budgétaires du printemps. Elle en constituera le deuxième volet; et peut-être pas le dernier : «C’est pas la fin de l’histoire», a assuré M. Couillard.

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LA VALSE DES HAUSSES

Les surplus budgétaires reflètent la bonne performance de l’économie du Québec, affirme le gouvernement de Philippe Couillard. Pour le Parti québécois, ils sont avant tout le résultat de politiques d’austérité. Pour le PQ et la Coalition avenir Québec, ils sont aussi dus à des hausses de toutes sortes.

La CAQ soutient que la hausse des tarifs dont le gouvernement Couillard est responsable s’élève à 817 $ par année par famille. Pour parvenir à cette somme, elle a isolé un ménage gagnant 85 000 $ par année, ayant deux enfants, et possédant une maison. Le parti de François Legault a additionné les hausses d’Hydro-Québec, celles des services de garde, des taxes scolaires, des taxes municipales, des primes d’assurance automobile, de la taxe sur le carbone, ainsi que la diminution des crédits offerts pour le versement de cotisations syndicales.

La CAQ évalue jusqu’ici à 510 $ la valeur de la réduction d’impôt et de l’abolition de la taxe santé pour ce même ménage (jusqu’ici, c’est-à-dire avant la mise à jour de ce mardi). Sans cette réduction et cette abolition, le total des hausses s’élèverait à 1327 $, selon elle. La CAQ réclame une baisse d’impôt de 500 $ pour tous les contribuables gagnant moins de 150 000 $ par année.