Pour François Legault, le nombre de circonscriptions québécoises ne doit pas dépasser les 125 actuels.

Legault s'engage à présenter un projet pour un scrutin proportionnel

Le chef caquiste, François Legault, s’est engagé mardi à présenter durant la première année d’un éventuel gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) un projet de loi visant à instituer un scrutin proportionnel au Québec.

Mais attention: M. Legault n’appuie pas toutes les modalités du projet élaboré par le Mouvement démocratie nouvelle. Pour lui, le nombre de circonscriptions québécoises ne doit pas dépasser les 125 actuels.

La semaine dernière, le Parti québécois et Québec solidaire ont davantage appuyé que la CAQ les détails du mode de scrutin proportionnel proposé par le Mouvement démocratie nouvelle dans un rapport dévoilé par Le Soleil, rapport qui sera officiellement rendu public dans quelque temps.

Le Parti québécois et Québec solidaire sont prêts à accepter qu’un projet de loi ad hoc soit présenté par le prochain gouvernement environ 90 jours après les prochaines élections. Et que le nombre de sièges à l’Assemblée nationale passe de 125 à 126, 127 ou 128.

Le Mouvement démocratie nouvelle estime que le parlement québécois devrait compter quelques sièges de plus que les 125 actuels pour assurer une meilleure adéquation entre les voix recueillies par les partis et leur représentation au Salon bleu.

Selon le rapport, chaque électeur disposerait de deux votes avec ce mode de scrutin envisagé pour 2022. Le premier servirait à élire un député de circonscription provenant de telle ou telle formation politique, comme c’est le cas actuellement, et le second, à choisir un parti.

Il y aurait 75 sièges alloués avec le premier vote et une cinquantaine de sièges le seraient avec le second. Ces derniers sièges, dits de compensation, seraient octroyés à des candidats provenant de listes régionales constituées par les partis.

Une autre politique

Le caquiste François Legault a pris l’engagement de présenter un projet de loi durant les 12 premiers mois d’un gouvernement caquiste, mais il ne va pas jusqu’à promettre que le prochain scrutin d’octobre sera le dernier à se tenir sous le mode «uninominal à un tour» — même si son parti prend le pouvoir.

Il assure que c’est ce qu’il souhaite et croit que cet objectif est réalisable, mais il ajoute que tout ne dépend pas de lui, puisque la proposition législative qui serait élaborée — outre le fait qu’elle devrait recevoir l’appui d’au moins la moitié des députés de l’Assemblée nationale — devrait être soumise à une consultation publique et le Directeur général des élections du Québec aurait ensuite besoin de deux ans pour la mettre en place.

M. Legault se dit convaincu qu’un scrutin proportionnel «changera la face politique du Québec». «Actuellement, on a une approche qui est beaucoup trop polarisée. On a des “bons”, des “méchants” […]. Quand le gouvernement sort une idée, des gens de l’opposition se sentent obligés de s’y opposer.»

«Avec un vote proportionnel, il y aura plus de gouvernements minoritaires. Ça obligera les gouvernements à s’entendre avec un autre parti pour faire avancer certains dossiers, certains projets de loi.»

Les jeunes libéraux d’accord? 

Après avoir flirté avec cette idée pendant des années, le Parti libéral du Québec rejette la perspective d’un scrutin proportionnel. Le gouvernement Couillard dit avoir constaté que tout consensus est difficile à obtenir sur ce sujet. Il réitère que le scrutin «uninominal à un tour» a l’avantage de procurer des «gouvernements stables».

Le président de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Stéphane Stril, se dit cependant ouvert à l’idée d’explorer un jour l’avenue d’un scrutin de type proportionnel. Il n’y oppose pas une fin de non-recevoir. Il est même possible que ce dossier soit débattu au congrès annuel des jeunes libéraux, au mois d’août.