Le premier ministre François Legault juge que les critiques envers son gouvernement au sujet de Bombardier et d’Hydro-Québec sont «nettement exagérées».

Legault fait du désamorçage politique

Un mois après la formation de son conseil des ministres, François Legault a senti le besoin mercredi de mettre des points sur des «i» et de faire du désamorçage politique. Il estime que son gouvernement encaisse des critiques exagérées ou injustifiées dans au moins deux dossiers.

Le premier ministre québécois s’est présenté devant les médias pour aborder, de lui-même, «la situation de Pierre Fitzgibbon» et les «trop-perçus» d’Hydro-Québec, deux dossiers où les critiques ont été trop fortes et inconsidérées, selon lui.

«Je trouve ça complètement exagéré qu’on parle d’un conflit d’intérêts» dans le cas du ministre de l’Économie et de l’Innovation, a tenu à dire M. Legault, qui s’était déjà porté à la défense de M. Fitzgibbon mardi.

Il a noté que l’entreprise Héroux-Devtek, dont son ministre détient quelque 8000 actions d’une valeur globale d’environ 100 000 $, ne fournit Bombardier en trains d’atterrissage que pour ses Learjet. «Ça représente peut-être 1 % du chiffre d’affaires d’Héroux», a insisté le chef du gouvernement.

Il a fait peu de cas de l’ouverture d’une enquête sur cette affaire par la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, Ariane Mignolet. Il a de plus estimé qu’il n’y a pas de comparaison possible entre la situation de son ministre et celle que vivait Pierre Karl Péladeau lorsqu’il était à la tête du Parti québécois. M. Legault réclamait alors que M. Péladeau se départisse de ses titres de propriété dans Québecor; qu’il ne se contente pas de les placer dans une «fiducie sans droit de regard».

Il a fait valoir que M. Péladeau détenait et détient 50 % des médias de communication au Québec, ce qui rendait sa situation unique.

«Trop-perçus» d’Hydro-Québec

Le premier ministre est revenu sur les «trop-perçus» d’Hydro-Québec. «Je trouve ça, encore là, très exagéré ce qui a été dit depuis deux semaines. Les journalistes qui ont suivi la campagne savent très bien que je ne me suis jamais engagé à rembourser un milliard et demi de trop-perçus par Hydro-Québec.»

«Par contre, on est le parti politique qui a promis de remettre le plus d’argent dans le portefeuille des Québécois, puis on va le faire. On va même commencer à le faire avant Noël.»

M. Legault n’a effectivement pas pris l’engagement de retourner les trop-perçus d’Hydro-Québec aux Québécois durant la campagne électorale. Mais alors qu’elle était dans l’opposition, la Coalition avenir Québec avait demandé au gouvernement Couillard que ces fameuses sommes perçues en trop soient remboursées.