Vincent Boutin s'est adressé aux membres du Renouveau sherbrookois pour leur proposer de dissoudre le parti.

Le Renouveau sherbrookois n’est plus

Les membres du Renouveau sherbrookois ont officiellement voté pour lancer le processus de dissolution du parti, samedi matin. Une quinzaine de personnes s’étaient rassemblées en assemblée générale et une majorité s’est ralliée à la proposition du chef Vincent Boutin de mettre fin aux activités du parti. Deux membres, dont l’ancien conseiller Robert Pouliot, ont néanmoins tenté de sauver le Renouveau.

De l’aveu même du représentant officiel du parti, Alexandre Blanchette, la représentation était faible pour chanter le requiem de la formation politique fondée par Bernard Sévigny en 2008. Outre MM. Boutin et Pouliot, l’ancienne conseillère Nicole A. Gagnon y était, de même que l’ancienne candidate Maryse Ruel. Les autres anciens élus étaient tous absents.

Plusieurs membres ont pris la parole pour réitérer leur foi au modèle d’un parti politique, tout en reconnaissant que le Renouveau sherbrookois avait fait son temps.

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« À l’assemblée générale l’an dernier, j’avais beaucoup d’espoir et d’énergie à mettre pour connecter avec la population. Rapidement, la question des partis politiques au municipal s’est imposée. Je pense que le véhicule a été le bon pendant un moment. Les gens à qui j’ai parlé sont généralement en accord avec nos idées, mais il y a quelque chose qui ne passe pas quand on leur parle du parti. Je compte rester jusqu’à la fin pour accompagner le Renouveau sherbrookois vers la dissolution, mais si vous décidez de poursuivre l’aventure, je démissionnerai à titre de chef », a dit Vincent Boutin.

« Je diverge un peu sur la lecture de la situation à long terme. Dans quatre, huit ou douze ans, il y aura peut-être de la place pour la résurgence de notre parti ou d’un autre parti. Une chose est claire, un parti sans chef n’est pas un parti et ce parti ne peut continuer de façon viable pour le moment », a commenté Julien Collin, un des administrateurs. 


« Les gens à qui j’ai parlé sont généralement en accord avec nos idées, mais il y a quelque chose qui ne passe pas quand on leur parle du parti. »
Vincent Boutin

Alexandre Blanchette avance que le Renouveau vit des moments difficiles depuis les élections. « Au quotidien, on vit encore des conséquences. Un parti politique doit avant tout être un espace de rassemblement. J’ai l’impression que depuis un an, ce n’est plus perçu comme ça, le Renouveau. Je suis content du chemin parcouru et de l’empreinte laissée sur la Ville, et j’espère que les citoyens pourront le reconnaître. Les idées sont encore là, mais le véhicule n’est plus le bon. Ça m’horripile de voir le maire actuel prendre le crédit pour des réalisations qui ne lui appartiennent pas, mais je ne ressens pas qu’on a l’énergie de continuer. »

Maryse Ruel, elle, s’est désolée de voir que le concept de parti ne colle pas à Sherbrooke. « C’est un véhicule intéressant pour laisser plus de place aux femmes et aux minorités. J’ai la conviction qu’un parti, c’est une vision commune pour notre ville. »

Le Renouveau sherbrookois avait été fondé par Diane Délisle, Bernard Sévigny et Robert Pouliot.

Des voix discordantes

Sylvie Desjardins aurait souhaité que le Renouveau survive. « Si les électeurs trouvent que l’opposition entre les partis et les indépendants crée une dynamique désagréable, je vois que ça n’a pas changé au conseil. Il y a encore une dynamique d’opposition des conseillers. Dans le même sens, les idées du Renouveau continuent de cheminer. Ça veut dire qu’elles sont bonnes. Nous sommes capables de présenter des idées et d’avoir des candidats aux prochaines élections. Si c’est trop lourd, peut-être que quelqu’un d’autre peut prendre la chefferie. Je suis en politique depuis 1985 et c’est normal qu’il y ait une démobilisation après une défaite. »

« S’il y avait une volonté de sauver le parti, je me serais attendu à ce qu’il y ait plus de membres ce matin. C’est la participation la plus faible à une assemblée générale depuis la fondation du parti », a rétorqué Alexandre Blanchette.

Robert Pouliot, un des fondateurs du Renouveau, était déçu du dénouement. « Notre mission n’est pas complétée. Nous devions être un parti qui servait à former les jeunes qui s’intéressent à la politique. Le Renouveau peut être un véhicule pour les nouveaux arrivants qui veulent s’impliquer. J’aimerais qu’on se donne la chance de voir si on peut intéresser la jeunesse à la chose politique. »

Vincent Boutin a promis de trouver une façon de poursuivre le travail avec ceux qui étaient membres du Renouveau sherbrookois. Le parti doit être dissout au plus tard le 31 décembre 2019. Entre-temps, des vérifications sont en cours pour vérifier si les fonds accumulés, quelques milliers de dollars, peuvent être remis à un organisme ou s’ils doivent être retournés à la Ville de Sherbrooke.

Enfin, certains ont vu dans la décision de Vincent Boutin une occasion de préparer une éventuelle candidature à la mairie. Interrogé sur la question, le principal intéressé, nouvellement papa, n’a pas répondu directement. « Pour le moment, je retourne auprès de ma famille. Ensuite, nous nous occuperons de dissoudre le parti et je poursuis avec ma volonté d’amener de nouvelles idées au conseil municipal. »


LE RENOUVEAU SHERBROOKOIS EN BREF

  • Année de fondation : 2008
  • Membres fondateurs : Bernard Sévigny, Diane Délisle et Robert Pouliot
  • Chefs : Bernard Sévigny et Vincent Boutin
  • Mandats à la mairie : 2

PROJETS 

  • Well inc. (devenu Quartier Well Sud)
  • Déplacement du pont des Grandes-Fourches
  • Réduction du nombre d’élus et d’arrondissements
  • Création du conseil municipal jeunesse