Guillaume Rousseau

Le PQ vise la gratuité scolaire

Un gouvernement Lisée mettrait en place la « véritable gratuité scolaire » au cégep et à l’université, mais graduellement, d’abord pour les foyers à faibles revenus et la classe moyenne moins prospère.

Cette mesure dont le coût est estimé à 400 millions $ par an est un des pivots de la plate-forme électorale du Parti québécois, dévoilée à son conseil national dimanche à Drummondville, à l’avance, bien avant la campagne qui s’amorcera à la fin d’août.

Le PQ assure qu’il n’y aurait pas de hausse d’impôts pour financer cette mesure ainsi que les autres engagements, mais il n’y aurait pas de baisse non plus.

En mêlée de presse, le chef péquiste, Jean-François Lisée, a affirmé que seule cette première étape vers la gratuité scolaire pourrait être réalisée dans un premier mandat, parce que l’État n’aurait pas les moyens de réaliser la gratuité scolaire intégrale, au coût estimé à 800 millions $ par an, entre 2018 et 2022.

L’abolition des droits de scolarité sera donc d’abord réservée aux foyers défavorisés ainsi qu’à une première moitié de la classe moyenne. L’extension de la gratuité scolaire suivrait dans le mandat suivant.

Guillaume Rousseau, candidat du PQ dans la circonscription de Sherbrooke assure qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour Sherbrooke

« Il y a une forte population étudiante à Sherbrooke et leur qualité de vie va augmenter, indique-t-il. Ils vont pouvoir dépenser plus dans les restaurants et les commerces de Sherbrooke. C’est super bon pour tout le monde. »

Hausse du salaire minimum

Autre volet de la plate-forme : un gouvernement péquiste augmenterait le salaire minimum à 15 $ l’heure durant son premier mandat, d’ici 2022.

« On veut étudier au fur et à mesure les impacts et pouvoir venir en aide aux PME ou organismes qui emploient des gens au salaire minimum et qui pourraient avoir de la difficulté à gérer l’augmentation, assure Guillaume Rousseau. On veut que ça se fasse graduellement. 15 $ de l’heure demain matin, c’est un beau slogan, mais dans les faits, ça n’aiderait probablement pas les personnes qu’on veut aider. »

« Le revenu moyen est plus faible en Estrie qu’ailleurs au Québec et il n’y a pas vraiment de raison pour ça, ajoute-t-il. Les gens sont éduqués et on n’est pas loin de Montréal. Il faut hausser le salaire moyen et ça passe par le salaire minimum et les conditions salariales dans le milieu communautaire entre autres. »

Par ailleurs, le PQ reviendrait à la charge sur l’enjeu de la laïcité. Un gouvernement Lisée exclurait les accommodements incompatibles avec l’égalité homme-femme et obligerait tous les citoyens à recevoir des services à visage découvert.

Il interdirait aux personnes en autorité, aux éducateurs en garderie ou en Centre de la petite enfance (CPE) et aux enseignants de niveau préscolaire, primaire et secondaire d’afficher leurs convictions, y compris religieuses, mais un droit acquis s’appliquerait pour ceux qui exerçaient la profession avant l’entrée en vigueur de ces dispositions.

Sur le front de la défense de la langue française, un gouvernement péquiste demanderait à ce que 100 pour cent des futurs immigrants et leur conjoint ne soient admis que s’ils démontrent une bonne connaissance du français.

Il exigerait aussi une réelle connaissance du français des diplômés des cégeps et des universités anglophones.

Aider Le Goéland

Plus localement, une résolution a été adoptée lors du Conseil national pour aider l’école Le Goéland à obtenir une dérogation permanente qu’elle doit actuellement renouveler chaque année. La résolution mandate l’aile parlementaire d’intervenir auprès du ministre de l’Éducation afin que son ministère accorde à l’école Le Goéland une permission permanente de tenir ses examens à des dates différentes de celles des examens des autres écoles pour qu’elle puisse continuer de répondre aux besoins particuliers de ses élèves raccrocheurs.

Avec La Presse canadienne