Le Salon bleu à l'Assemblée nationale à Québec

Le PQ perd son titre de deuxième groupe d’opposition au profit de QS

Le Parti québécois est relégué au rang de troisième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, derrière Québec solidaire. Un dommage collatéral causé par le départ de Catherine Fournier.

Le président de l’Assemblée nationale François Paradis a tranché cette délicate question mercredi en confirmant que le PQ peut demeurer un parti reconnu à l’Assemblée nationale, mais comme il compte maintenant 9 députés et que QS en compte 10, il perd sa place de deuxième opposition.

Ce changement provoque une redistribution des sièges au Salon bleu et fait en sorte que QS passe devant le PQ dans l’ordre des questions à poser au gouvernement.  

M. Paradis a dit s’appuyer sur une «jurisprudence parlementaire étoffée» pour prendre sa décision, même si une situation équivalente ne s’est jamais produite dans l’histoire de l’Assemblée nationale.

Selon le président, l’entente conclue entre les partis doit être ajustée en cours de route, au gré des changements d’allégeance des députés et des élections partielles qui pourraient survenir. «On peut difficilement prétendre que l’entente permet de figer l’Assemblée.» 

Le PQ, qui s’accrochait à son rang parlementaire parce qu’il a obtenu davantage de votes que Québec solidaire le 1er octobre (17 % des votes contre 16 % pour QS), a dû se plier à cette décision. 

Même s’il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour son parti, le leader péquiste Martin Ouellet a tenté de minimiser son impact en point de presse, faisant valoir que le budget de l’aile parlementaire du PQ n’est pas coupé. «On va faire le même travail de proposition, le même travail de conviction à l’Assemblée nationale.»

Un «symbole»

Le leader solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a remercié le président pour sa décision «étoffée et rapide», qui a valeur de «symbole». «On a été pendant longtemps les derniers au fond de la classe. On avance un peu aujourd’hui», a-t-il lancé. 

QS aurait aussi pu revendiquer davantage de place en commission parlementaire, mais le parti a choisi de ne pas le faire, «par souci de ne pas envenimer les relations plus qu’elles le sont actuellement», indique M. Nadeau-Dubois. 

La députée de Marie-Victorin Catherine Fournier a décidé de quitter le caucus du Parti québécois le 11 mars dernier. Elle siège aujourd’hui comme indépendante. «Ce qui devrait préoccuper les souverainistes n’est pas l’ordre des oppositions, mais notre capacité à tous nous rassembler pour gagner», a-t-elle réagi sur Twitter.