Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, lors du caucus présessionnel tenu à Salaberry-de-Valleyfield

Le PQ ouvre ses portes aux non-membres

Le Parti québécois (PQ) veut faire une croix sur 25 ans d’erreurs et repartir à neuf : il abandonne notamment l’étiquette sociale-démocrate et ouvre la porte aux non-membres.

Il demeure toutefois silencieux sur les modalités d’accession à l’indépendance telles que le référendum.

Près d’un an après une débâcle historique qui lui a fait perdre son rang d’opposition officielle, le PQ a ainsi présenté mercredi une réforme de son programme et de ses statuts.

Ce bilan porte en fait sur les «25 dernières années», soit les difficultés du parti, tant à «clarifier les priorités», qu’à «garder le cap sur l’indépendance», a expliqué la présidente du PQ, Gabrielle Lemieux.

La présentation de cette Déclaration de principe et du projet de règlement a eu lieu au cours du caucus de deux jours des élus péquistes réunis à Salaberry-de-Valleyfield pour préparer la rentrée parlementaire. Le document, appelé Proposition principale, sera soumis pour adoption au congrès extraordinaire de novembre à Trois-Rivières.

L’indépendance devient ainsi «un nouveau projet incarné dans des valeurs et des convictions qui ne pourront plus changer au gré des chefs», a expliqué la présidente de l’aile jeunesse du PQ, Frédérique St-Jean.

Le futur chef que choisira le PQ en 2020 sera donc lié par ce nouveau manifeste. Le parti a toujours été associé à la social-démocratie au cours de son histoire, mais préfère maintenant éviter l’étiquette et retient les valeurs de «justice et d’équité».

Selon Mme Lemieux, «les étiquettes, ce n’est pas la façon de faire quand on veut approcher les gens et parler d’indépendance. [...] On ne va pas aller sur le terrain et aborder les gens en disant : “On est indépendantistes, venez, on va vous convertir.”»

Elle a dit que le parti allait écouter les besoins concrets des gens et tentera d’y répondre, notamment avec l’indépendance.

«On ne va pas s’éparpiller», a assuré le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé.

Nouveaux règlements

Reconnu pour ses chicanes, le parti veut maintenant «renforcer sa cohésion» et avoir un «sens de l’unité bien développé», a évoqué Mme Lemieux, en mettant en place de nouvelles règles.

À ce titre, la formation veut organiser des consultations en ligne et ouvrir ses portes à des citoyens qui ne seront pas membres.

Ils auront un statut de «sympathisant», qui leur permettra de s’exprimer et d’influencer l’orientation du parti, sans militer activement. Ils pourront ainsi intervenir dans certaines instances.

En outre, le PQ reconnaît aussi l’existence d’un «réseau de coopération et son agora», qui regroupera des organismes hors du parti qui veulent collaborer à l’atteinte de ses objectifs politiques.

Enfin, le parti veut aussi créer des comités d’affinités, qui sont des groupes qui se rassemblent sur la base d’intérêts, de caractéristiques ou d’idées communes. Il s’agira de structures souples pour faire de la concertation et réfléchir à des idées.

Mme Lemieux a indiqué que le PQ s’est inspiré des pratiques d’une trentaine de formations politiques dans le monde.

Déclaration de principes

La Déclaration de principes énonce des valeurs et les raisons de faire l’indépendance, mais sans faire mention des modalités d’accession telles qu’un référendum.

Parmi les valeurs énoncées, on retrouve la liberté, la justice et l’équité, le nationalisme, ainsi que l’environnement.

En mêlée de presse au caucus des élus du PQ à Salaberry-de-Valleyfield, le député de Rimouski, Harold LeBel, a dit que cette déclaration était rendue nécessaire parce que le parti a changé de chef souvent et «les gens ne nous reconnaissent plus, dépendamment du chef, on a une image différente, et là on veut être reconnus pour ce qu’on est».

Quant à savoir pourquoi il n’est pas fait mention des modalités d’accession à l’indépendance, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a affirmé qu’à trois ans des prochaines élections, il est trop tôt pour commencer à faire de la stratégie.