Le PQ gèlerait le salaire des médecins.

Le PQ gèlerait le salaire des médecins

Que ferait un gouvernement péquiste dans les dossiers de l’heure que sont la santé, le virage vert, les baisses d’impôts, les services de garde et la voie de contournement ferroviaire de Lac-Mégantic? Voici les réponses que le chef péquiste a fournies lors de son passage à La Tribune, jeudi.

Sur le système de santé

« L’approche qui a été privilégiée jusqu’à maintenant a été de tout centrer sur le médecin. On adore nos médecins, mais c’est le temps d’entrer au 21e siècle et de faire comme ailleurs, c’est-à-dire donner aux infirmières, aux pharmaciens, aux psychologues, aux paramédics et à une quinzaine de professionnels de la santé le droit de poser des actes cliniques de façon autonome. Ça se fait en Ontario, aux États-Unis, en Europe. Il faut faire ça pour désengorger le système. Il y a 200 000 professionnels de la santé en ce moment qui sont sous la tutelle des médecins et des médecins qui nous gouvernent... On veut libérer leur énergie et permettre à ces 200 000 professionnels de prendre soin de notre santé. Nous allons ainsi dégager du temps de médecin pour que les médecins ne s’occupent pas de vaccination, mais qu’ils s’occupent des problèmes pour lesquels ils ont été formés. Nous allons donc geler la rémunération des médecins pour plusieurs années afin de mettre cet argent-là dans les services... »

Énergie et virage vert

« Il faut prendre le virage vert non seulement pour des raisons écologistes, mais aussi économiques. En Chine, lorsqu’ils remplacent une voiture à essence par une voiture électrique, l’énergie vient d’une usine d’électricité au charbon... Au Québec, elle vient de l’hydroélectricité. Nous sommes donc verts aux deux bouts du fil. On achète à l’étranger en pure perte pour 8 milliards de pétrole. Chaque milliard de moins qu’on exporte et qu’on utilise dans des véhicules verts ici représente un milliard investi dans notre énergie verte dont on ne sait pas quoi faire des surplus. C’est autant d’argent qu’on peut investir dans du matériel roulant pouvant être utilisé ici. S’il est vrai que dans une ville de Chine tous les autobus seront électriques dans 15 ans, on devrait y arriver avant puisqu’on a un double intérêt à le faire : non seulement on fabrique de l’électricité verte, mais on fabrique aussi des autobus électriques... »

Baisses d’impôts

« Un Parti québécois au pouvoir va ni augmenter ni baisser les impôts. On n’aurait pas fait la baisse, mais on ne va pas revenir là-dessus. Si les libéraux ont promis des baisses pour 2020-2022, on va regarder les gens droit dans les yeux et on va leur dire : vous savez qu’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Nous, on préfère avoir le beurre. On veut que les gens aient des services de qualité. C’est là qu’on va mettre l’argent. Il y a 500 millions de dollars à mettre par année dans les soins à domicile dû au vieillissement de la population. Une des façons d’y arriver est de geler la rémunération des médecins et de s’attaquer aux paradis fiscaux... »

Services de garde

« Nous, ce qu’on veut, c’est donner de l’oxygène aux familles. Et on veut le faire de deux façons : d’abord en donnant 150 $ par enfant à la rentrée pour compenser la hausse du matériel scolaire. Deuxièmement, on pense que la modulation des frais pour les services de garde, c’est une erreur. Les gens de la classe moyenne ont dû payer sur leur rapport d’impôt entre 400 $ et 1000 $ de plus. Nous allons revenir au tarif unique entre 7 $ et 8 $ indexés et moins cher pour les moins nantis. On veut que les CPE restent plus attrayants parce qu’on y offre un encadrement de qualité... »

Voie de contournement

« C’est une responsabilité fédérale de A à Z. Nous n’avons pas le pouvoir de décider d’une voie de contournement d’un chemin de fer interprovincial. Si on était indépendant, ça serait réglé. Ça serait une priorité, ça serait un badge d’honneur de rétablir le service conformément aux besoins de la région. Mais le Québec n’est pas une priorité dans l’actuel gouvernement d’Ottawa. (...)Si les Québécois nous font confiance lors des prochaines élections, on sait qu’il y aura des élections fédérales un an plus tard. Pour que M. Trudeau reste au pouvoir, ça lui prend des députés au Québec. Je peux vous dire que des dossiers comme Lac-Mégantic (...) vont faire l’objet d’une pression maximale pour que ça se règle... »