Au terme de son caucus présessionnel qui se déroulait à Sherbrooke dans les derniers jours, le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a indiqué avoir de « grandes ambitions » pour la circonscription de Sherbrooke, tout comme le reste de l’Estrie.

Le PQ entend détrôner Labrie

La circonscription de Sherbrooke et celles du reste de l’Estrie seront la cible « d’efforts considérables au cours des prochains mois et tout au long du mandat » au Parti québécois, selon son chef intérimaire, Pascal Bérubé. Indiquant avoir de « grandes ambitions » pour la région, au terme du caucus présessionnel de la formation politique qui se tenait à Sherbrooke dans les derniers jours, celui-ci a livré sa pensée sur le parti de Christine Labrie, la députée solidaire qui représente Sherbrooke depuis 2018.

« Il y a une radicalisation qui se fait à Québec solidaire, a-t-il lancé. C’est un choix qui leur appartient. De menacer de bloquer les travaux parlementaires, ce n’est pas le style de notre maison. Nous, on préfère plaider de façon très franche, améliorer des projets de loi, voter contre si ça ne fait pas notre affaire, mais, pour tout parti qui aspire à gouverner, je pense qu’il faut être responsable. [...] L’alternative à la CAQ, elle est claire, c’est le Parti québécois. » 

Jointe par La Tribune, la députée solidaire Christine Labrie a répondu par voie écrite aux propos de M. Bérubé.

 « Les Sherbrookois aussi ont de l’ambition, a-t-elle écrit. Ça a toujours été clair que Québec solidaire avait les propositions les plus ambitieuses pour réagir à la crise climatique, et j’ai été élue en faisant campagne précisément sur cet enjeu-là. Personne ici n’est surpris qu’on mette de la pression sur le gouvernement pour qu’il adopte un plan de réduction des émissions de GES, parce que la crise qu’on traverse exige des changements radicaux. Être responsable, c’est prendre des décisions en fonction des prochaines générations. Le Parti Québécois, qui était prêt à sacrifier l’île d’Anticosti pour le pétrole et qui a appuyé la cimenterie McInnis, une des usines les plus polluantes du Québec, est bien mal placé pour donner des leçons sur le sens des responsabilités. »

Des enjeux locaux à prioriser

Le candidat à la chefferie du PQ et député de Jonquière Sylvain Gaudreault a indiqué de son côté avoir identifié plusieurs enjeux estriens à la lumière de son séjour dans la région. « J’ai rencontré des producteurs agricoles, parce que le principal secteur économique de la région de l’Estrie après les services à la population et l’université, c’est le monde agricole et forestier, a-t-il présenté à La Tribune. Ils sont très préoccupés par l’entente de libre-échange sur la gestion de l’offre, et la question de la protection de milieux humides dans les forêts. » 

Celui-ci n’a pas non plus manqué de mentionner l’environnement, une préoccupation qui émerge de chacune de ses visites en Estrie, note-t-il en donnant les débats entourant le site d’enfouissement de Coventry en exemple. « Il y a deux éléments [à prioriser dans ce dossier]. À très court terme, c’est de s’assurer que le ministère de l’Environnement ne va défendre que les gens de Magog et de Sherbrooke. Il faut absolument prendre des ententes avec le Vermont et il faut aussi soutenir la MRC, parce qu’elle a entamé des procédures judiciaires, et n’a pas nécessairement les moyens de ce type de procédures. [...] À plus long terme, je pense qu’on a un bel exemple très concret de ce que serait l’indépendance du Québec. Parce que là c’est une relation face aux voisins américains, reliée entre autres à l’enjeu des Grands Lacs. En étant un [Québec souverain], on pourrait être assis à la table de pays à pays. » 

Celui qui a décidé de faire des inégalités sociales « le pilier » de sa campagne se dit d’autant plus préoccupé de la situation en Estrie. « Dans la région, il y a une différence de 8000 à 9000 $ dans le salaire médian entre les hommes et les femmes, déplore-t-il. Un autre exemple est aussi que le revenu médian dans la MRC des Sources est beaucoup plus faible que dans les autres régions de l’Estrie. » 

La dernière élection d’un péquiste à Sherbrooke, celle du député Serge Cardin, remonte à 2012. Son mandat n’avait duré que deux ans. 

Rajeunir les rangs

Alors qu’aucune femme ne s’est encore manifestée pour la course au leadership du PQ — pour laquelle les règles officielles seront annoncées sous peu — et que le parti n’a qu’une députée sous la barre des quarante ans à l’Assemblée nationale depuis le départ résonnant de Catherine Fournier, M. Gaudreault affirme ne voir aucun blocage institutionnel empêchant une femme de se présenter, mais concède qu’il faudra travailler incessamment durant les deux prochaines années pour rajeunir le visage du parti. 

« Mon objectif, c’est qu’en 2022, on soit premiers chez les 18-35 ans, rappelle-t-il. [...] Il faut mettre tout en action d’ici les deux prochaines années : faire le tour des cégeps et des universités à travers le Québec sans relâche, poser des questions et intervenir sur des dossiers qui interpellent et qui intéressent les jeunes selon leur approche et selon leurs préoccupations. [...] On ne peut pas penser vouloir un pays si on n’a pas les jeunes avec nous. »