Solange Masson a obtenu 73 % des votes contre 27 % à Claude Forgues à l’investiture du Parti québécois dans le comté de Saint-François.

Le PQ de Saint-François mise sur Solange Masson

Les membres du Parti québécois de la circonscription de Saint-François ont préféré Solange Masson à Claude Forgues pour tenter de ravir ce château-fort des libéraux aux élections du 1er octobre.

Mme Masson, une ex-conseillère municipale de Compton, a remporté l’investiture avec 73 pour cent des appuis, contre 27 pour cent à M. Forgues, ex-directeur général de Centraide Estrie à Sherbrooke.

« C’est un vote fort, c’est rassurant, a réagi Solange Masson. Ça veut dire que la façon dont je vois la politique est acceptée par les membres, et ça c’est vraiment important pour moi. »

Âgée de 36 ans, co-chef d’une famille recomposée de cinq enfants, politologue de formation, Mme Masson propose de démocratiser la politique et de rétablir le lien avec les citoyens.

« Je ne veux plus que la politique soit pour l’élite économique ou pour l’élite intellectuelle. Je veux que les gens comprennent ce que je fais, quelles sont les décisions qu’on prend et pourquoi on les prend. Ce qui a été négligé ces dernières années. »

Pour Solange Masson, le député est une courroie de transmission entre le citoyen et le parlement. « Et ça va dans les deux sens, dit-elle. Il faut amener les projets locaux à l’Assemblée nationale parce que présentement, les députés travaillent pour le gouvernement et descendent juste en bas. Ils ne ramènent rien en haut. »

Forgues déçu

Officier du PQ en Estrie durant de nombreuse d’années et candidat dans le comté de Sherbrooke en 2007 contre le libéral Jean Charest, Claude Forgues cachait mal sa déception d’avoir été rejeté par les militants de Saint-François.

« C’est l’appui des membres de Saint-François à quelqu’un qui était avec eux autres depuis plus longtemps que moi, analyse-t-il, alors que moi je viens du régional. (...) J’ai offert mes services avec mon expérience et ma connaissance des dossiers. Ce sont eux qui prenaient la décision alors je reçois le résultat. Pour le reste, ça appartient à chaque membre d’interpréter les choses. »

Celui qui a pris sa retraite de Centraide Estrie en début d’année pour se porter candidat à l’investiture, à l’âge de 67 ans, assure qu’il continuera de soutenir le parti.

« Je suis toujours un supporteur du Parti québécois et je vais trouver ma façon de le supporter. C’est loin d’être fini. L’avenir, ça dure longtemps, alors je vais voir où je peux m’impliquer. »

La lutte électorale s’annonce épique dans cette circonscription, libérale « depuis toujours » pour reprendre les mots de Mme Masson, alors que la candidate péquiste devra affronter le libéral Charles Poulin, originaire de Coaticook, ainsi que la caquiste Geneviève Hébert et le solidaire Kévin Côté.

Elle estime que l’héritage libéral pourrait être lourd à porter pour son adversaire. « Il aura un bilan à défendre et il devra endosser tout ce qui s’est passé depuis 15 ans au gouvernement, alors je lui souhaite bonne chance.»

À propos de l’indépendance, enfin, elle s’empresse de préciser qu’elle a voté pour l’actuel chef du PQ Jean-François Lisée.

« Un référendum dans un deuxième mandat, explique-t-elle, je suis très à l’aise avec ça. Il faut d’abord refaire ce que les libéraux ont défait depuis 15 ans. Et le projet d’indépendance est à redéfinir parce qu’on ne peut pas faire l’indépendance avec les arguments des années 70, ni même avec ceux de 1995, ça fait trop longtemps. La société a changé, le contexte a changé. Il y a deux millions de personnes qui n’ont pas voté en 1995 parce qu’elles étaient trop jeunes... Il faut redéfinir le projet et je m’en occupe! »

L’association péquiste de Saint-François tentait pour la première fois de tenir deux soirées d’investiture dans les deux pôles de ce comté qui couvre essentiellement la MRC de Coaticook et l’est de Sherbrooke. Environ 80 membres ont voté mardi à Coaticook et les autres ont voté à Sherbrooke mercredi. Gérald Larose était l’orateur invité à Sherbrooke.