Le concept d’un pont avec haubans en forme de tipi au centre-ville est officiellement mort. Les élus ont entériné, lundi, la construction d’un pont des Grandes-Fourches conventionnel, sans signature extravagante, pour éviter des dépassements de coûts de 7,8 M$.

Le pont signature aurait coûté 7,8 M$ de plus

Le concept d’un pont avec haubans en forme de tipi au centre-ville est officiellement mort. Les élus ont entériné, lundi, la construction d’un pont des Grandes-Fourches conventionnel, sans signature extravagante, pour éviter des dépassements de coûts de 7,8 M$. Le conseil diminuera donc le budget initial accordé pour la construction du pont des Grandes-Fourches pour respecter le budget d'un pont conventionnel.*

Pierre Tremblay et Julien Lachance se sont opposés à cette décision. Le projet total est évalué à 36,5 M$.

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Dans les documents municipaux présentés lundi, on rapporte qu’un appel de services professionnel avait été lancé en 2019, assorti d’un mandat de 300 000 $, pour procéder à l’étude de faisabilité d’un pont signature avec des haubans en forme de tipi. Le conseil avait déjà accordé un budget municipal de 5,4 M$ précisément pour les haubans.

L’étude réalisée par Les Services Exp a néanmoins démontré que la réalisation d’un pont signature nécessiterait désormais des investissements totaux de 27,5 M$ pour le pont, notamment en raison de l’augmentation du coût de l’acier. On y fait valoir qu’entre 2018 et 2020, le coût de l’acier a grimpé de 4,12 $/kg, une augmentation de 50 %. La cote d’inondation doit aussi être modifiée pour relever le pont d’environ un mètre.

En contrepartie, la construction d’un pont conventionnel plus large pour permettre le transport actif nécessiterait une contribution de 15,2 M$ contre 14,3 M$ selon l’estimation de 2018.

La réalisation d’un pont conventionnel permettra donc de respecter le cadre budgétaire autorisé, mais un nouvel appel d’offres devra être lancé, ce qui aura un impact de quelques mois sur l’échéancier initial.

Nouvel échéancier

Selon le nouvel échéancier, un appel d’offres sera lancé en 2020, année qui servira aussi à la décontamination des terrains visés par les travaux. La place Nikitotek sera aussi démantelée, comme le bâtiment du Bingo. La construction du pont commencerait en 2021 pour prendre fin l’année suivante.

En juillet 2018, les élus avaient choisi d’opter pour un concept architectural plus dispendieux pour le pont des Grandes-Fourches, un concept évalué à 19,7 M$. On avait alors retenu la suggestion de pont des Abénaquis soumis en 2016 par trois étudiants de l’Université Laval.

Le pont signature devait alors coûter 5,4 M$ de plus qu’un pont sans haubans et devait rappeler l’histoire de Sherbrooke en représentant les colonies francophones et anglophones qui s’unissaient pour bâtir la ville. Les arcades visaient à éviter de construire une pile au centre de la rivière.

Cinq conseillers avaient voté contre le pont signature, soit Pierre Avard, Paul Gingues, Pierre Tremblay, Julien Lachance et Évelyne Beaudin.

Pierre Tremblay

Lundi, Pierre Tremblay se montrait pourtant déçu de l’abandon du concept. « J’aurais souhaité que notre réflexion se prolonge. Il s’agit d’une opportunité manquée qu’on regrettera dans quelques années, mais dans les circonstances, je comprends que nous n’avons pas le choix de prendre une telle décision. »

Chantal L’Espérance a tenu à dire qu’on tenterait d’en arriver à une architecture soignée malgré tout.

Marc Denault, lui, demande qu’un plan donnant une vision complète des projets pour le secteur des Grandes-Fourches soit déposé.

Évelyne Beaudin partageait le même point de vue. « De façon générale, il faut qu’on améliore notre planification. Avant l’été, nous avons vendu un stationnement municipal dans ce secteur. Quand on regarde ça, ça fait six ans qu’on a lancé la mise en œuvre de ce pont pour revenir à quelque chose qu’on aurait pu faire dès le départ. J’espère qu’on prendra un pas de recul pour se demander ce qu’on veut vraiment développer dans le secteur des Grandes-Fourches. »

« C’est une sage décision. Ça valait le coût l’étude qui a été faite. Trop souvent dans des projets semblables, il y a des dépassements de coûts importants. Ce qu’il faut retenir, c’est que ça ne dénature pas le projet », a commenté Rémi Demers.

Paul Gingues s’est dit déçu pour le coup d’œil au centre-ville, mais ne l’est pas du tout pour la coupe budgétaire.

Le maire Steve Lussier a fait valoir qu’un pont avec haubans aurait aussi entraîné des coûts d’entretien.

La contribution du gouvernement du Québec au déplacement du pont des Grandes-Fourches est de 26 M$. Le nouveau pont aurait une durée de vie de 75 ans.

*Une version précédente laissait entendre que les élus avaient choisi de conserver l'ensemble du budget du pont signature pour construire un pont conventionnel. Il s'agit d'une erreur. Les élus ont modifié la résolution portant sur le sujet, séance tenante lundi, pour que les dépenses se limitent au budget actualisé d'un pont conventionnel.