L’attaché politique et directeur de cabinet Sylvain Vessiot en compagnie du maire Steve Lussier au cours d’un dîner de travail.

Le maire caviarde le salaire de son attaché

Le maire Steve Lussier lui-même a pris la liberté de caviarder le salaire de son attaché politique, Sylvain Vessiot, dans le document acheminé à La Tribune à la suite d’une demande d’accès à l’information. M. Vessiot rapporte que le maire a voulu agir par respect, sans mauvaises intentions.

Cette demande permettait d’apprendre que l’ex-directeur de cabinet de Steve Lussier, Daniel Bergeron, n’avait toujours pas signé de contrat au moment de son congédiement, le 5 décembre 2017. En décembre, aux questions des journalistes qui s’interrogeaient sur le coût du différend entre M. Lussier et M. Bergeron pour les contribuables, la présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron, avait répondu qu’il se limitait à deux semaines de salaire.

À combien s’élevaient deux semaines de salaire pour monsieur Bergeron? À peu près au même montant que son propre salaire, a répondu l’actuel directeur de cabinet par intérim, Sylvain Vessiot. Sauf que cette information a été rayée, à l’insu de M. Vessiot, du contrat rendu public...

Pourtant, dans la lettre préparée par le responsable adjoint de l’accès à l’information à la Ville de Sherbrooke, on précise que les documents du cabinet de la mairie ne sont pas accessibles aux yeux de la loi d’accès à l’information à moins que le membre concerné ne le juge opportun. On ajoute à propos du contrat de Sylvain Vessiot que « le maire a consenti à sa divulgation » mais qu’on a soustrait « les renseignements personnels à l’égard d’une tierce personne dont le consentement est requis », soit le salaire de l’attaché politique.

Dans la transparence

M. Vessiot a semblé surpris qu’on ait camouflé cette information. « Je savais qu’on allait rendre mon contrat public. Pour moi, il n’y avait aucun souci. Nous sommes dans la transparence. M. Lussier, par respect pour moi, avait décidé de faire barrer mon salaire. »

Sylvain Vessiot admet qu’il ne savait pas que cette décision avait été prise, donc qu’on n’a jamais vérifié spécifiquement s’il donnait son consentement. « Ça ne me posait aucun problème. Ce n’était pas pour cacher quoi que ce soit à la population. »

Au final, le salaire annuel de l’attaché politique s’élève à 87 291 $. Si celui de Daniel Bergeron était comparable, les deux semaines de salaire lui ayant été versé à la suite du différend en début de mandat auront donc coûté environ 3400 $, à quelques dollars près.

Sylvain Vessiot précisait, jeudi, que la Ville avait toutefois économisé en ne versant aucun salaire de directeur de cabinet depuis près de deux mois.

Retour pressenti

Enfin, si des rumeurs persistantes envoient l’ex-attachée de presse de Bernard Sévigny, Julie Vinette, au sein du cabinet de M. Lussier, la principale intéressée assure n’avoir jamais été rencontrée pour un emploi auprès du nouveau maire.