Un comité interministériel vient d’être créé au sein du gouvernement de François Legault pour répondre à la crise des médias.

Le gouvernement Legault prêt à privilégier la publicité dans les médias

Le gouvernement de la CAQ est prêt à privilégier le placement de publicités dans les médias du Québec, au lieu de le faire sur des plateformes étrangères comme Facebook et Google.

Questionnée par la députée libérale Isabelle Melançon sur la crise des médias, la ministre de la Culture Nathalie Roy a soutenu «qu’il faut se pencher sur les façons de faire pour mieux faire», en matière de publicités gouvernementales. «Nous pourrions, de un, commencer à être exemplaires et à encourager nos propres médias, nos médias locaux, entre autres, nos journaux.»

Mme Melançon a réclamé que «cessent les publicités sur les plateformes étrangères comme Facebook, Amazon et les autres, qui nuisent à nos médias ici, au Québec», ce à quoi la ministre Roy ne s’est toutefois pas engagée. 

À l’unanimité, les députés de tous les partis politiques ont voté en faveur d’une motion demandant au gouvernement «une réelle exemplarité dans ses dépenses publicitaires, afin de contrer l’exode des revenus publicités des médias traditionnels vers les plateformes numériques étrangères et de garantir la justice fiscale entre celles-ci et les entreprises québécoises.»

Une compilation du journal Le Devoir révélait en septembre dernier que le gouvernement du Québec, de même que ses grandes sociétés d’État, sont devenus de fidèles clients des géants du Web. Le gouvernement a dépensé plus de 6 millions $ en 2017-2018 chez Facebook, Google, Twitter et autres entreprises américaines. Une hausse de 120 % par rapport à l’année précédente. 

Un comité interministériel vient d’être créé au sein du gouvernement de François Legault pour répondre à l’actuelle crise des médias. Isabelle Melançon s’inquiète que ce comité arrive avec une solution toute faite, alors qu’une commission parlementaire sur l’avenir de l’information au Québec doit se mettre en branle l’automne prochain pour nourrir le débat. Elle craint que les travaux de la commission ne soient «dénaturés». 

«Vous savez qu’il y a urgence dans ce dossier», a rétorqué Mme Roy, qui croit que même si son gouvernement arrive avec une proposition rapide, «la commission ne servira pas à rien, bien au contraire, puisqu’il y a beaucoup à faire».