Paul Gingues

Le comité de toponymie vise la parité

Le président du comité de toponymie, Paul Gingues, assure avoir la même sensibilité qu’Évelyne Beaudin concernant la parité des toponymes sherbrookois pour la durée du mandat actuel. S’il affirme qu’il fera tout pour assigner autant de noms féminins que de noms masculins pour les rues, parcs ou infrastructures, il ne souhaite pas « avoir les mains liées » par une résolution du conseil.

Rappelons que les élus ont passé plus de 30 minutes, lundi, à débattre du bienfondé d’une résolution qui forcerait le comité de toponymie à adopter 50 % de toponymes féminins à l’intérieur du mandat. Ils ont finalement choisi de reporter la question à la prochaine séance du conseil.

À lire aussi: Dérapages sur le thème de la toponymie féminine

« Tous les membres de ce comité sont très conscients de cette sensibilité. Ils sont tous d’accord pour attribuer plus de noms féminins pour équilibrer le rapport hommes-femmes » rapporte M. Gingues.

Mais le président du comité de toponymie parle de situations exceptionnelles pour expliquer la lente progression des noms de femmes. « Par exemple, dans le projet des Sommets de la santé, nous avions réservé des noms de grandes infirmières. Ces noms étaient retenus jusqu’à la construction des rues, mais maintenant que le projet est tombé, ils ont été remis dans la banque. »

« Je crois sincèrement que nous atteindrons l’équilibre d’ici la fin du mandat, mais je ne voudrais pas que nous ayons à composer avec une formule mathématique chaque fois que nous prenons une décision. Il y a des pressions qui viennent de partout. Je vois très souvent des gens qui veulent savoir quand un membre de leur famille sera reconnu. Je ne voudrais pas qu’on s’attache les mains. »

Concernant les toponymes adoptés lundi, M. Gingues explique pourquoi ils étaient majoritairement masculins. « Il y a des noms féminins qui sont déjà retenus, mais je ne voulais pas les amener au cas où il y aurait des changements de la part du promoteur. Je veux les nommer quand la construction de ces rues sera coulée dans le béton. »

Il ajoute néanmoins qu’une partie du chemin Arnold-Pryce a été renommée avec un toponyme féminin pour honorer Laure Conan.

Quant au comité de toponymie lui-même, il est composé d’hommes uniquement. « Il devrait y avoir deux membres du conseil, mais je suis seul. J’ai fait la demande pour la présence d’une élue, mais on ne veut rajouter personne dans les comités en raison de la commission Tanguay sur la composition des comités. »

Les autres membres sont délégués par la Société d’histoire de Sherbrooke, par le Société de généalogie des Cantons-de-l’Est et par la Lennoxville and Ascot Museum Society. « La partie administrative du comité est représentée par deux femmes. »

M. Gingues rappelle que l’ex-présidente du comité de toponymie, Hélène Dauphinais, avait déjà une sensibilité pour la parité et qu’il partage la même vision. « Les membres du comité fouillent pour trouver des noms féminins et la banque grossit rapidement. J’ai cette préoccupation et les membres du comité l’ont aussi. »

Enfin, le président du comité suggère que les promoteurs dévoilent d’emblée les thématiques qu’ils ont en tête, lors de la construction d’un quartier, pour permettre au comité de faire un meilleur travail de représentativité.