Récup Estrie cherche encore à éviter l’enfouissement de 850 tonnes de matières recyclables entreposées à l’extérieur du centre de tri.

Le centre de tri est rentable, selon Avard

La crise du recyclage n’aura pas d’effets catastrophiques sur les finances de Récup Estrie, selon son président par intérim Pierre Avard. L’élu sherbrookois estime que les compensations pour les matières détournées du centre d’enfouissement et les sommes réclamées à l’ancien exploitant suffiront.

M. Avard affirme que les démarches vont bon train pour tenter d’éviter l’enfouissement des 850 tonnes de matières recyclables toujours entreposées à l’extérieur du centre de tri. Il confirme par ailleurs les informations du président de Valoris, Robert Roy, qui affirmait que ces matières ne pourraient pas être enfouies à Bury.

« Nous avons fait des démarches auprès de Valoris en premier, mais ils n’avaient pas de place et les coûts étaient plus élevés qu’ailleurs. Des gens nous ont fait des propositions pour la revalorisation des matières, mais nous sommes à valider le sérieux de ces entreprises pour éviter de déplacer le problème ailleurs. Ça ne serait pas responsable », déclare M. Avard.

Selon le conseiller municipal, Récup Estrie a néanmoins fait tout en son possible pour éviter l’enfouissement. « Les matières sont tellement imbibées d’eau que toutes nos machines bloquent. »

Récup Estrie a par ailleurs loué un entrepôt sur la rue des Sables, au coût de 40 000 $ par mois, pour entreposer les matières recyclables pendant la crise. « Le centre de tri est rentable et il le sera encore plus quand nous n’aurons plus à payer d’entrepôt. C’est un boulet dont nous avons hâte de nous défaire. Nous réclamons les sommes que nous avons dépensées à l’ancien exploitant, qui avait une caution de 500 000 $ au cas où il arriverait quelque chose en cours de contrat. La Régie réclame donc ces 500 000 $ », ajoute Pierre Avard, qui refuse de nommer cet exploitant, Ricova. 

Selon le président par intérim de Récup Estrie, les compensations obtenues du ministère de l’Environnement pour les matières détournées des centres d’enfouissement sont basées sur la quantité de matières reçue par la Régie. « Ils sont à revoir cette façon de faire. Les 850 tonnes seront compensées, sinon, nous réclamerons les sommes manquantes à l’exploitant. »

Budget

Par ailleurs, le conseil municipal sherbrookois avait refusé en octobre d’entériner le budget de Récup Estrie. Il s’opposait à l’investissement de 2 M$, pigés à même les surplus, pour l’amélioration des équipements. La Ville espérait plutôt rapatrier 1 M$ pour l’injecter dans son propre budget. Sherbrooke avait besoin de l’appui des deux tiers des membres de la régie pour revoir le budget 2019. Pierre Avard rapporte qu’aucun changement au budget de la régie n’a été apporté jusqu’à maintenant et qu’il n’a eu aucune information selon laquelle les autres membres appuieraient Sherbrooke.

« Il n’y a pas eu de changement de la position de la régie par rapport à ce montant-là. »

Collecte des matières recyclables

Dans un autre ordre d’idées, la Ville de Sherbrooke doit renouveler sous peu le contrat pour la collecte et le transport des matières recyclables. Le précédent contrat était évalué à 8,2 M$ pour cinq ans. Le contrat 2019-2023 pourrait coûter 2 M$ supplémentaires si on en croit l’appel d’offres ayant pris fin le 21 novembre. Le plus bas soumissionnaire offre ses services pour 10,3 M$.

« Je n’ai pas été informé de ça au conseil, mais si ça coûte plus cher, il faudrait peut-être évaluer la possibilité de récupérer cette collecte à l’interne. »

Enfin, le siège laissé vacant au sein du C.A. de Valoris depuis la démission de la conseillère Annie Godbout n’a pas été offert à Pierre Avard pour le moment. Celui-ci pourrait toutefois être nommé président du C.A. de Récup Estrie en décembre.