Vanessa Rodel et sa fille Keana, âgée de 7 ans, sont arrivées lundi soir à l'aéroport Pearson de Toronto où elles se sont exprimées, tout sourire, devant les médias.

Le Canada accorde l'asile à une femme ayant aidé Snowden

TORONTO — Une femme ayant aidé l'Américain Edward Snowden lors de sa cavale à Hong Kong après ses révélations sur l'agence de surveillance américaine NSA est arrivée lundi avec sa fille au Canada, où elles ont obtenu l'asile.

Vanessa Rodel, âgée de 42 ans selon les médias, et sa fille Keana, âgée de 7 ans, sont arrivées lundi soir à l'aéroport Pearson de Toronto où elles se sont exprimées, tout sourire, devant les médias.

«Nous sommes maintenant résidentes permanentes au Canada. Maintenant, nous sommes en sécurité et libres. Je suis si reconnaissante», a déclaré Mme Rodel, originaire des Philippines, à la sortie du bureau des services d'immigration.

Mardi, mère et fille se rendront à Montréal, où elles s'installeront en tant que réfugiées parrainées par un organisme à but non lucratif. C'est l'ONG «For the refugees» qui les a accompagnées dans leur demande d'asile.

Mme Rodel avait caché Edward Snowden dans son appartement de Hong Kong en 2013 après les révélations de l'ancien sous-traitant de la NSA sur l'existence d'un système de surveillance mondiale des communications et d'internet, selon la chaîne de télévision publique Radio-Canada.

Elle subissait depuis des pressions des autorités hongkongaises et risquait l'expulsion vers son pays d'origine, selon la même source.

En sécurité

«Je ne peux pas décrire les émotions que je ressens, de voir qu'elles auront un avenir, qu'elles pourront vivre en sécurité au Canada. Je suis si reconnaissant», a réagi Edward Snowden dans un entretien accordé à Radio-Canada.

«Ils m'ont ouvert leurs portes. Ils n'ont pas posé de questions, peu leur importait ce qui m'était arrivé», a-t-il poursuivi au sujet des personnes réfugiées à Hong Kong et vivant dans des situations précaires, chez qui il s'est caché alors qu'il était recherché par les autorités américaines en 2013.

«Ils comprenaient ce que c'est que d'être pourchassé, traqué, de subir des représailles».

Interrogée par la presse, la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland a déclaré qu'elle n'était «pas intervenue» dans le processus.

Elle a souligné que les décisions sur les demandes d'asile dans le cadre d'un parrainage privé «ne sont pas» motivées par des considérations politiques.

«Ce n'est pas une question de relations géopolitiques», a précisé la ministre en réponse à une question sur l'éventuelle influence négative de cette décision sur les relations canado-américaines.

«Ce sont des décisions qui sont prises pour des gens» et qui sont «fondées sur les faits concernant les gens», a-t-elle conclu lors d'un point de presse à Washington, à l'issue d'une rencontre avec le représentant au Commerce Robert Lighthizer.

Interrogé à ce sujet lors d'une conférence de presse, le premier ministre canadien Justin Trudeau n'a pas souhaité commenter un «cas spécifique».

Le ministère canadien de l'Immigration a simplement précisé à l'AFP que «dans des circonstances exceptionnelles», les dossiers de demande d'asile pouvaient «être accélérés» par rapport aux procédures habituelles.

Cinq autres personnes, de nationalité sri-lankaise, ayant également aidé Edward Snowden, sont toujours en attente de la réponse du gouvernement canadien à leur demande d'asile, selon le quotidien National Post.

L'ancien sous-traitant de la NSA vit en exil en Russie. Les États-Unis l'ont inculpé pour espionnage et vols de secrets d'État.