La porte-parole du comité de développement économique de la Ville de Sherbrooke, Annie Godbout, rapporte que des rencontres se tiendront sous peu avec la présidente et le directeur de Destination Sherbrooke, et avec la directrice de Sherbrooke Innopole.
La porte-parole du comité de développement économique de la Ville de Sherbrooke, Annie Godbout, rapporte que des rencontres se tiendront sous peu avec la présidente et le directeur de Destination Sherbrooke, et avec la directrice de Sherbrooke Innopole.

La Ville tend la main aux paramunicipales

La Ville n’a pas l’intention d’écarter les intervenants du milieu touristique, pas plus que ceux des sphères commerciales et industrielles, dans la poursuite de sa réflexion pour la réorganisation des organismes de développement économique. La porte-parole du comité du développement économique, Annie Godbout, estime que cette réflexion est loin d’être terminée.

Des membres du conseil d’administration de Destination Sherbrooke ont déploré dans les deniers jours les coupes de 1 M$ dans l’organisme consacré au tourisme. Dans un communiqué lundi, ils demandaient que la Ville rende publics tous les documents ayant motivé ses décisions, qui imposent aussi une fusion de Commerce Sherbrooke, Pro-Gestion Estrie et la CDEC, en plus de cesser le financement d’Espace-inc. 

Annie Godbout affirme s’être mise au travail dès samedi, en compagnie du maire Steve Lussier, pour organiser une rencontre avec la présidente et le directeur de Destination Sherbrooke. Une rencontre est aussi prévue avec la directrice de Sherbrooke Innopole. « Je souhaite que ça se fasse le plus rapidement possible. Nous sommes ouverts à la discussion. Nous avons donné les grandes lignes du mandat de chacun des organismes jeudi dernier, mais il y a tellement de peaufinage à faire. On avait le choix de réfléchir de notre côté et d’imposer des choses ou de réfléchir avec eux. Nous choisissons la deuxième option. »

Elle refuse toutefois pour le moment de dévoiler les documents d’aide à la décision puisqu’il s’agit de documents de travail qui ne sont pas encore finaux. « Des modifications ont été demandées. »

Mme Godbout ne se cache pas qu’on exige un virage significatif de la part des organisations paramunicipales. « Nous coupons 1 M$ à Destination Sherbrooke pour être en adéquation avec ce qu’on voit dans les autres villes. Ce qu’on veut, c’est susciter des investissements, stimuler le milieu, être en soutien aux entrepreneurs. Nous ne sommes pas à évaluer la performance de Destination Sherbrooke. Nous n’en avons pas contre le tourisme. Nous sommes en transformation du modèle. »

La conseillère municipale insiste sur l’importance du tourisme. « C’est pour ça que nous avons gardé une entité particulière pour s’en occuper. Nous reconnaissons qu’il contribue au développement économique. Ce qui marche fort en tourisme, ce sont les gens, les événements et les commerces. Nous souhaitons donc faire travailler davantage ensemble les affaires et le tourisme. »

Le tout en n’excluant pas le tourisme gourmand ou culturel. 

« Nous travaillerons avec tous ceux qui ont envie de mettre la main à la pâte. On va se parler et on va se comprendre. » Mme Godbout relève que des intervenants du milieu se sont aussi manifestés pour saluer la décision de la Ville de réorganiser l’univers touristique.

Quand il est question de susciter les investissements privés, Annie Godbout convient qu’on a connu des échecs dans le passé. Les relations d’affaires ont été troubles avec certains promoteurs. « Il faut que les projets soient en adéquation avec l’ADN de la ville. Ce n’est pas de faire du développement pour faire du développement. »

Les coupes effectuées dans les organisations paramunicipales ont permis de dégager 2,1 M$ qui seront réinvestis dans le développement économique. « Nous nous en servirons pour faire des investissements qui auront des effets de levier. Nous voulons regarder dans l’ensemble de l’industrie pour voir où cet argent sera le mieux investi. Nous voulons être dans le dialogue. Il y a une marge de manœuvre pour un paquet d’ajustements. »

Enfin, à savoir pourquoi le rapport sur l’impact du tourisme à Sherbrooke dévoilé lundi n’avait pas été rendu public avant, Annie Godbout admet un malaise en raison du contexte de réflexion dans lequel la Ville s’était engagée. « Ce rapport est un couteau à deux tranchants. Il démontre que Sherbrooke ne performe pas mieux que les autres villes même si on y met plus d’argent. »