Custeau Division Immobilière achète le stationnement Magog, situé sur la rue des Abénaquis, pour compléter les travaux d’agrandissement de l’entreprise CGI.

La Ville doit vendre un stationnement en vitesse

Vendre le stationnement Magog, situé rue des Abénaquis, pour ne pas paralyser un projet de construction déjà en cours, voilà la décision rapide à laquelle la Ville a dû se résoudre mardi, même si le dossier n’avait été soumis aux élus que quelques jours avant le conseil municipal. Le conseiller Paul Gingues, ses collègues Évelyne Beaudin, Pierre Avard et Pierre Tremblay à sa suite, a démontré un malaise devant la situation.

L’entreprise CGI procède à l’agrandissement de son immeuble au 101, rue des Abénaquis. L’agrandissement de 36 000 pieds carrés d’espaces à bureaux permet de doubler la superficie du bâtiment. Depuis le mois de mars, le stationnement Magog est loué à CGI pour la réalisation des travaux. Le promoteur doit aussi y construire un mur de soutènement pour éviter les risques de glissement de terrain.

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En raison des projets du promoteur, qui souhaite ajouter un projet immobilier et commercial sur ce terrain, la Ville estime qu’il est souhaitable de vendre le stationnement pour 382 300 $, soit 17,57/pi2. Elle s’engage aussi à rembourser les frais de décontamination jusqu’à concurrence du prix d’achat.

À noter que la Ville devra négocier avec le même promoteur, le Groupe Custeau, pour l’acquisition de terrains dans le cadre de la construction du pont des Grandes-Fourches.

« On veut construire un stationnement sur Wellington Sud. Le stationnement Webster est encore bon. Nous avons la Société d’histoire et le Musée des beaux-arts à proximité de ce stationnement. Pour la proximité des gens qui veulent visiter ces lieux de culture, je trouve que c’est incohérent. C’est présenté à la dernière minute. J’ai l’impression qu’on met la locomotive derrière dans ce dossier-là », fait valoir Paul Gingues.


« J’ai un profond malaise à ce que ça nous arrive à la dernière minute. »
Annie Godbout

Yves Tremblay, directeur du Service de la planification urbaine et du développement durable, explique que l’empiètement sur le terrain de la Ville est nécessaire pour sécuriser le bâtiment en construction. S’opposer à la vente de ces 56 cases de stationnement, selon Nicole Bergeron, signifie retarder ou empêcher la construction de CGI.

« J’ai un profond malaise à ce que ça nous arrive à la dernière minute, surtout que la compagnie a eu tous ses permis de construction pour faire ses agrandissements. On ne comprend pas comment ça arrive, mais je ne veux pas arrêter le développement », a réagi Annie Godbout.

Pierre Avard

Pierre Avard abondait dans le même sens. « Je m’explique mal qu’il y a deux mois, on a voté pour louer le stationnement pendant la construction. Comment ça se fait que personne n’était au courant qu’il y avait un plan pour acheter? C’est comme si c’était sorti d’une boule de cristal. La bâtisse est pas mal levée déjà. Ça coûtera combien faire construire des places de stationnement dans le projet Well Sud et combien vendons-nous celles-ci? »

Enjeux techniques

La directrice générale adjointe Marie-France Delage précise que les enjeux techniques sont survenus après l’entente de location du stationnement. Puisque la Ville devra acheter des terrains du Groupe Custeau, cette négociation a déjà permis d’établir le prix pour une future transaction.

« Le dossier du réaménagement des Grandes-Fourches ne nous a pas suffisamment été présenté. En ce moment, j’ai l’impression que des gens connaissent le plan à long terme, mais moi je ne le connais pas. Je n’ai pas l’image au complet et on me demande de voter sur un morceau du casse-tête », a dit Évelyne Beaudin.

Marc Denault, lui, veut s’assurer qu’on verra à ce que des places de stationnement soient relocalisées tout près. Il a entre autres évoqué la construction d’un stationnement sous-terrain intégré dans un futur projet sur le terrain de l’ancien bar Le Magog.

Le maire Steve Lussier a convenu que le dossier est arrivé à la dernière minute. « Je sais que ç’a été très rapide. C’est un choix que nous avons à faire pour le développement de ce secteur. Si on veut aller de l’avant rapidement, on n’aura pas le choix de faire des choix. Il faut oser et il faut développer ce secteur-là rapidement. »