Paul Gingues, président du comité de toponymie.

La toponymie sera paritaire à Sherbrooke

Après s’être entredéchiré il y a deux semaines, le conseil municipal a entériné à l’unanimité la suggestion d’adopter le même nombre de toponymes masculins et féminins au cours de l’actuel mandat. Le comité de toponymie accueillera par ailleurs une femme à titre d’observatrice.

« Malgré que l’objectif du comité a toujours été d’atteindre cette parité, je comprends que le conseil adopte une résolution pour le rendre officiel. Il faut maintenant se donner les moyens de l’atteindre. J’en profite pour demander plus de ressources et de soutien au maire et au directeur général », a indiqué Paul Gingues, président du comité de toponymie.

M. Gingues souhaite le développement d’outils, par exemple un dépliant qui pourrait être distribué aux promoteurs pour faire connaître les critères d’admissibilité des toponymes et les inciter à faire connaître rapidement leur intention pour le choix d’une thématique pour un secteur à développer.

Évelyne Beaudin, qui avait proposé d’adopter une résolution sur la parité il y a deux semaines, s’est montrée extrêmement heureuse du dénouement. « C’est la preuve que quand on se fixe des objectifs, nous avons plus de chances de les atteindre. »

Mme Beaudin appuie son collègue qui demande qu’un formulaire électronique soit disponible en ligne pour suggérer des toponymes. « Ça facilitera les choses. Pourquoi par ailleurs ne pas faire un appel au moins une fois par année pour inciter les gens à soumettre des noms? »

À huis clos

En début de séance, la citoyenne Gabrielle Arguin avait suggéré que le siège laissé vacant au comité par la démission de Michel Harnois soit occupé par une femme. Elle a du même coup déploré que le débat sur la question de la toponymie se soit déroulé à huis clos.

Paul Gingues a indiqué avoir approché le comité du patrimoine de Brompton pour qu’il délègue une représentante au comité de toponymie. Il a ainsi délégué une femme qui agira à titre d’observatrice comme le fait déjà la conseillère d’arrondissement Jennifer Garfat. 

« S’il n’en tient qu’à moi, comme président, elle sera là pour rester. »

Annie Godbout a précisé que c’est la façon dont le dossier a été traité, et non son objet, qui a créé un malaise auprès des élus. « On dirait que les gens n’ont pas compris pourquoi il y avait un malaise. C’est important de nommer les choses. Bien que ma collègue [Évelyne Beaudin] avait probablement 100 % raison, nous étions coincés par sa proposition. J’ai senti qu’elle avait giflé mon collègue [Paul Gingues] sans le toucher. »

Mme Godbout mentionne que le manque d’objectifs clairs des comités est possiblement en cause. « C’est un problème pour l’ensemble des comités. On reçoit des responsabilités dans des comités sans connaître les orientations du conseil. »

Évelyne Beaudin s’est défendue disant qu’il est tout à fait dans son rôle d’élue de proposer des choses. « Je préfère l’option de le faire en public pour que les citoyens comprennent bien les tenants et aboutissants de mes propositions. »