Une séance de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

La dg de l'Enquête nationale sur les femmes autochtones démissionne

OTTAWA - Une nouvelle démission secoue l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. La directrice générale Debbie Reid, qui était en poste depuis trois mois, a quitté ses fonctions jeudi.

«Comme il s’agit de questions personnelles, l’Enquête nationale ne commentera pas à ce sujet», a écrit son équipe des communications dans un courriel à La Presse canadienne.

Mme Reid avait été nommée en octobre, trois mois après la démission de sa prédécesseure, Michèle Moreau, qui avait elle aussi cité des raisons personnelles pour expliquer son départ.

L’Enquête nationale a connu une vague de démission depuis le printemps dernier. Une dizaine de personnes ont claqué la porte dont la commissaire Marilyn Poitras en juillet dernier et l’avocate principale Susan Vella, quelques mois plus tard.

Les quatre commissaires restants se sont plaints à plusieurs reprises de difficultés dues à la lenteur de la bureaucratie fédérale. Lors de la publication de leur premier rapport en novembre, la commissaire en chef, Marion Buller, a réitéré son intention de demander une prolongation et du financement supplémentaire pour pouvoir remplir le mandat de l’Enquête nationale.

Une demande formelle n’a toujours pas été faite auprès du gouvernement fédéral, selon l’attachée de presse de la ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, Sabrina Williams.

L’Enquête nationale a jusqu’au 1er novembre 2018 pour fournir son rapport final. Elle dispose présentement d’un budget de 53,8 millions $.

«Je m’inquiète de la quantité de roulement à la Commission et du fait que cela va distraire du travail qu’il y a à faire, a déclaré par courriel la ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, Carolyn Bennett. Bien que nous partagions les inquiétudes des familles au sujet des difficultés rencontrées, l’indépendance de la Commission est cruciale et nous n’allons pas intervenir dans des questions internes.»

L’Enquête nationale a dû faire face à un flot de critiques de la part de certaines familles touchées et de chefs autochtones depuis sa mise sur pied.

Des chefs manitobains sont allés jusqu’à demander la démission des quatre commissaires lors de la réunion annuelle de l’Assemblée des Premières nations en juillet. Leur proposition avait été rejetée, mais une autre résolution exigeant d’importants changements au sein de l’Enquête nationale avait été adoptée.

Les prochaines audiences sont prévues à Yellowknife du 23 au 25 janvier. Une autre série d’audiences auront également lieu à Rankin Inlet en février.

Dans son communiqué, l’Enquête nationale promet que son travail ne sera pas interrompu par la démission de sa directrice générale. L’intérim sera assuré par l’actuel directeur des opérations, Calvin Wong.

Près de 600 familles et femmes autochtones ont témoigné dans le cadre de la commission jusqu’à maintenant. Six cents autres sont inscrites pour le reste des audiences.

Debbie Reid avait été nommée en novembre 2017.