Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a livré un discours lors du camp formation de l’aile jeunesse de son parti dimanche à Asbestos.

La CAQ, pas un parti de droite, dit Legault

« Ça n’a pas l’air d’un gars de droite, plus d’une personne qui veut ouvrir le portefeuille pour l’éducation! »

L’essence de ces quelques mots prononcés par le chef de la CAQ François Legault à propos de son candidat dans Saint-Jérôme, Youri Chassin, s’est retrouvée à plusieurs reprises au cœur du discours qu’il a livré lors du camp de formation de l’aile jeunesse de son parti dimanche à Asbestos. 

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En détachant ainsi certaines propositions du parti de la « droite » à laquelle la CAQ est parfois associée, il tenait à souligner que son parti était avant tout une coalition, composée de personnes de tous horizons.

« [La CAQ] ce n’est pas une question de gauche ou de droite, ce n’est pas une question non plus de souverainistes ou de fédéralistes [...]. On veut donner des services, mais aussi remettre de l’argent dans le portefeuille des familles et des aînés. C’est un parti, je dirais, qui est peut-être à gauche sur certains dossiers, à droite sur d’autres, mais c’est un parti qui est d’abord pragmatique », a-t-il expliqué.

Parmi les objectifs de la CAQ : augmenter le taux de diplomation au Québec et revoir le réseau de la santé, « entre autres pour que nos médecins de famille soient plus disponibles quand nos aînés sont malades », souligne Legault. Or, pour effectuer des investissements conséquents, il faut réduire le gaspillage (notamment dans la bureaucratie), avance-t-il.

Et pour permettre aux Québécois d’occuper des emplois bien rémunérés, il faut entre autres que les entreprises investissent et en créent, et pas juste à Montréal. « Je vais avoir un compteur des investissements des entreprises dans les régions sur mon bureau », a-t-il mentionné, pour illustrer qu’il se souciait de leur sort.

Changement de culture

Si la CAQ était portée au pouvoir, François Legault aimerait provoquer un changement de culture et développer l’esprit d’entrepreneuriat du Québec — au sens large du terme.

« Ce n’est pas juste de créer des entreprises, dit-il. On le sait, dans notre société, les gens sont un petit peu cyniques, c’est comme si on avait baissé les bras, que ce n’était pas possible de faire mieux. On reçoit de la péréquation parce qu’on n’est pas aussi riche que le reste du Canada, on a un système de santé ou les gens attendent toujours... Moi, je veux qu’on soit entrepreneurs et qu’on se dise : on peut faire mieux. »

M. Legault souhaite que les Québécois « [redeviennent] un peuple qui est capable de voir grand, un peu comme on l’a fait dans les années 60-70 avec le métro de Montréal, les Olympiques, la fondation de ce qu’on a appelé le Québec inc., reprendre le contrôle de nos entreprises, se développer partout dans le monde », a-t-il dit, donnant l’intelligence artificielle comme exemple de prochain secteur où le Québec pourrait percer. « J’y crois, à une Silicon Valley du nord. »

Cinq députés caquistes en Estrie?

Alors qu’il s’adressait aux jeunes caquistes réunis devant lui, M. Legault a souligné l’importance de l’Estrie, où il estime que les cinq comtés (actuellement libéraux) sont « prenables ».

« Les sondages montrent que si les élections avaient lieu demain matin, les cinq passeraient à la CAQ », a-t-il avancé.

« Mais elles n’ont pas lieu demain matin; elles sont dans 63 jours. [...] On est en avance, mais le défi qu’on a, c’est de faire sortir nos sympathisants [le jour du vote]. »

« Ça va être serré en Estrie, ce sera une lutte à deux, mais on peut prendre les cinq comtés, et ça pourrait faire la différence entre un gouvernement minoritaire et un gouvernement majoritaire. Et j’aimerais ça avoir un gouvernement fort pendant quatre ans », a lancé le chef.

Malgré l’assurance de ses déclarations, il affirme qu’il ne tient rien pour acquis, et qu’il mettra beaucoup d’énergie sur la région d’ici le 1er octobre.

Après avoir visité son aile jeunesse à Asbestos dimanche, le chef de la CAQ s’est rendu au Festival country de Wotton, puis au match des Expos de Sherbrooke où il a fait un lancer de balle protocolaire

Sonia LeBel : moins cynique depuis la commission Charbonneau

Quand Sonia LeBel, procureure en chef de la commission Charbonneau, a annoncé qu’elle se présenterait pour la CAQ, plusieurs Québécois ont été surpris. Après avoir travaillé aussi fort pour lever le voile sur toutes ces affaires de corruption, elle avait encore foi en la politique?

« Ça peut sembler contraire au reste des Québécois, mais moi, la commission Charbonneau, ça m’a rendue moins cynique », affirme en souriant celle qui briguera le poste de députée dans la circonscription de Champlain en Mauricie. « On mettait beaucoup de l’avant le mauvais côté de la politique parce que c’était notre travail. Mais pour chaque mauvais politicien, j’ai rencontré 100 politiciens qui étaient là pour les bonnes raisons », a-t-elle poursuivi. « De la commission Charbonneau, je retiens beaucoup l’arrière-scène. »

Mme LeBel participait dimanche à un panel de discussion dans le cadre du camp de formation de l’aile jeunesse de la CAQ, qui se tenait à Asbestos. La thématique : pourquoi la politique?

L’avocate a dit se souvenir de promenades avec son père, quand elle était enfant, lors desquelles il lui expliquait que ses droits s’arrêtaient où ceux des autres commencent, en lui disant qu’elle ne pouvait pas marcher sur la pelouse des maisons voisines. « J’ai toujours eu à cœur cette idée de faire respecter mes droits autant que ceux des autres. Pour moi, c’était une seconde nature. Et quand est venu le moment de choisir mon milieu de travail, je voulais travailler pour la Couronne ou l’aide juridique, c’était important pour moi de défendre une sorte de bien supérieur. »

Bien qu’elle s’est dirigée en droit, elle a posé tout au long de sa vie des actions à saveur politique, notamment en s’impliquant dans son association étudiante ou dans l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales.

« Quand je suis dans l’action, je ne suis pas cynique, parce qu’on trouve des solutions, on travaille. Même si on se trompe parfois, on avance; c’est comme ça aussi que ça marche une enquête, par essais-erreurs », a-t-elle dit.

Aider plus de gens

Le neurologue au CHU Sainte-Justine Lionel Carmant, qui se présente dans Taillon (sur la Rive-Sud), était également de la discussion. Ses préoccupations principales sont l’accès à l’éducation et au système de santé.

« Ce que j’aime de la politique, c’est que si on trouve des solutions intelligentes, on peut aider un paquet de personnes en même temps », résume-t-il.

« On me dit souvent : "Vous êtes médecin, on a besoin de vous, pourquoi est-ce que vous lâchez la médecine?" C’est parce que quand on aide une personne à la fois, ça prend du temps avant d’aider tous ceux qu’on peut aider avec une décision. »

Pour M. Carmant, la situation de plusieurs patients, élèves et étudiants pourrait être améliorée grâce à une utilisation optimale des ressources. « Le système de santé public est un de nos joyaux. Il faut en prendre soin, mais il faut aussi l’améliorer. [...] Il faut que chaque acte posé dans le système de santé soit pertinent pour garantir un meilleur accès. »