Les Québécois renoueront très bientôt avec l’austérité des années libérales si rien d’autre n’est fait, croit Québec solidaire (QS).
Les Québécois renoueront très bientôt avec l’austérité des années libérales si rien d’autre n’est fait, croit Québec solidaire (QS).

La CAQ dirige le Québec tout droit vers l’austérité, clame Québec solidaire

La Presse Canadienne
Les Québécois renoueront très bientôt avec l’austérité des années libérales si rien d’autre n’est fait, croit Québec solidaire (QS).

Le parti a réuni 250 de ses membres ce week-end en conseil national virtuel ayant comme thème «Qui va payer pour la crise?».

En point de presse samedi matin, la co-porte-parole de QS, Manon Massé, a affirmé que selon elle, les compressions dans les services publics sont inévitables.

Dans sa mise à jour économique présentée le 12 novembre, le ministre des Finances, Éric Girard, a confirmé que le déficit atteindrait cette année 15 milliards $, un sommet historique.

Il sera suivi d’un déficit anticipé de 8,3 milliards $ en 2021-2022, puis 7 milliards $ l’année suivante. De 2020 à 2023, cela donne donc un total de 30 milliards $ écrits à l’encre rouge dans le budget du Québec.

Le gouvernement s’est engagé à ne pas hausser les taxes et les impôts, malgré le contexte difficile causé par la pandémie. Le mini-budget ne comporte aucun accroissement du fardeau fiscal des Québécois.

«Ils préfèrent compter sur le fédéral, espérer le retour d’une forte croissance économique; honnêtement, ces deux facteurs-là sont plus ou moins rassurants», a déclaré Mme Massé.

«Quand on refuse d’augmenter la colonne des revenus, bien inévitablement, c’est la colonne des dépenses qu’on doit compresser. Ça annonce déjà l’austérité.

«Cette nouvelle perspective d’austérité est vraiment «tough» pour les Québécois», a-t-elle ajouté, disant vouloir discuter ce week-end d’»alternatives» pour éviter le «sacrifice annoncé de la CAQ».

Proposition d’urgence

Samedi, les membres ont adopté une «proposition d’urgence» afin de répondre à la mise à jour économique du gouvernement Legault.

Le parti veut faire contribuer les grandes corporations, les géants du web, les grands pollueurs et les contribuables les plus fortunés, en instaurant:

  • un impôt de pandémie
  • un impôt sur les grandes fortunes
  • de nouvelles mesures d’écofiscalité qui visent les entreprises les plus polluantes

QS ramène donc, en partie, une proposition du printemps dernier, dont l’objectif est d’imposer les grandes entreprises qui ont vu leurs profits croître durant la crise (Dollarama, Wal-Mart, Métro, etc.).

«Si vous avez profité de la crise, pendant que tous les citoyens faisaient des sacrifices (...), vous avez une responsabilité de faire votre juste part», a martelé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé

L’impôt sur les grandes fortunes serait, lui, un impôt sur le patrimoine, et non sur les revenus, a-t-il expliqué. «On parle des grandes fortunes, [...] pas d’imposer le patrimoine des gens de la classe moyenne.

«Il s’agit [...] d’une ponction sur les fortunes des gens qui sont parmi les plus riches de notre société, [...] une proposition qui a été faite [...] par Bernie Sanders et Elizabeth Warren» aux États-Unis, a-t-il dit.

Au chapitre des mesures d’écofiscalité, M. Nadeau-Dubois s’est défendu de vouloir adopter une taxe carbone «mur-à-mur». Il a affirmé parler plutôt d’une taxation «ciblée» sur les grands pollueurs industriels.

La députée de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, a ajouté lors des débats que l’impôt de pandémie permettrait «un juste retour du balancier pour nos petits commerces».

Militer en faveur d’un tel impôt pourrait avoir comme avantage supplémentaire d’attirer à QS des «alliés qui sont peut-être moins naturels» à l’approche des prochaines élections en 2022, a-t-elle fait valoir.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois