Après un passage à la CAQ, le Granbyen Kevin Paquette devient coordonnateur à l’élection au Québec pour le Parti conservateur du Canada.

Kevin Paquette de la CAQ au Parti conservateur

La pause du monde politique de Kevin Paquette n’aura pas été de longue durée. À peine deux semaines après avoir cédé la présidence de la Commission relève de la Coalition avenir Québec (CRCAQ), le Granbyen fait le saut au fédéral, où il agira à titre de coordonnateur à l’élection pour le Québec au sein du Parti conservateur du Canada.

Élu président de la CRCAQ en 2017, après avoir aussi occupé les fonctions de secrétaire, trésorier et vice-président, Kevin Paquette a complété son mandat lors de la rencontre annuelle de la commission, les 17 et 18 août derniers.

Rapidement, le téléphone a sonné et une opportunité s’est présentée.

« Comme président de la CRCAQ, j’étais officier du parti et à ce titre, j’ai eu à échanger de manière neutre avec des représentants d’autres partis, dont Alain Rayes, le lieutenant conservateur du Québec, et Antoine Tardif, le directeur des opérations du Parti conservateur, explique M. Paquette. J’ai eu plusieurs discussions avec eux. On s’était parlé de manière non officielle sur une possible collaboration. On savait que la porte serait ouverte des deux côtés, mais on ne savait pas quand. Aussitôt que mon mandat s’est terminé, j’ai reçu un appel de leur part pour savoir si j’étais intéressé à m’impliquer avec eux au niveau de l’organisation de la campagne électorale. »

Pas question toutefois de « mettre son visage sur un poteau ». « Ça ne m’intéresse pas ! » indique l’étudiant, qui préfère s’impliquer en coulisses et dans les opérations de la campagne.

Le saut en politique fédérale est d’ailleurs une avenue toute récente pour celui qui poursuivra ses études à temps plein en administration des affaires pendant la campagne électorale. « J’ai toujours été un gars plus près de la politique provinciale. La politique fédérale n’a jamais fait partie de mon plan de carrière. En fait, je ne sais pas encore si je veux faire carrière en politique », confie le Granbyen.

Rôle clé

Il s’agira de la 5e campagne électorale du jeune homme de 22 ans, qui s’est d’abord impliqué comme bénévole lors des campagnes électorales de 2012 et 2014. C’est ensuite comme membre en règle et officier de la CAQ qu’il a pris part à l’élection partielle de la circonscription d’Arthabaska, un coin de pays représenté au fédéral par Alain Rayes, qu’il avait rencontré à cette occasion.

Se sont ensuite enchaînées l’élection partielle dans Gouin, en 2016, puis l’élection partielle de 2017, où il a notamment œuvré à faire élire Geneviève Guilbault dans la circonscription de Louis-Hébert, et l’élection générale de 2018.

« Une campagne électorale, c’est une expérience très courte en termes de temps, mais extrêmement stimulante ! », affirme Kevin Paquette, qui, à titre de coordonnateur de l’élection au Québec, jouera un rôle clé dans la prochaine course.

À titre de coordonnateur à l’élection au Québec — seules deux personnes occupent ce poste au sein du parti dans la province —, le Granbyen sera un intervenant de première ligne auprès des candidats et de leurs associations locales.

« Notre rôle est d’apporter du soutien aux candidats de la province, explique-t-il. Ça peut être de décliner les impacts locaux... »

M. Paquette compte bien quitter son bureau d’Ottawa à quelques reprises durant la campagne électorale pour prendre le pouls de la population. « Je vais m’arranger pour aller sur le terrain rencontrer les candidats sur place, pour voir comment nos messages sont reçus, dit-il. Je veux apporter ma connaissance du terrain, rendre compte de comment les choses se passent au Québec. »

Valeurs communes

M. Paquette affirme avoir choisi le Parti conservateur du Canada en raison de son respect des compétences provinciales. « Je suis un nationaliste québécois, mais pas un indépendantiste, précise le jeune homme. À mon avis, le Parti conservateur est la seule formation politique au fédéral qui reconnaît la spécificité québécoise. »

Il considère également que le parti mené par Andrew Scheer est celui qui gère le mieux les finances publiques. « Je nous souhaite un gouvernement fédéral qui vit à la hauteur de ses moyens, allègue le coordonnateur. Je ne suis pas à l’aise de savoir que le gouvernement actuel s’est endetté de plusieurs milliards de dollars en creusant notre déficit. Les conservateurs seront responsables au niveau des finances publiques et ils remettront de l’argent dans les poches des contribuables. »

Néanmoins, le nouvel employé du parti sait être un peu critique vis-à-vis celui-ci. Lorsqu’on lui demande quels points le PCC devrait améliorer s’il souhaite remporter l’élection, Kevin Paquette répond du tac au tac. « Je suis assez conscient du fait qu’au Québec, le Parti conservateur est un peu mal aimé. Je crois que c’est à nous d’aller sur le terrain et d’expliquer qui on est, quelles sont nos idées. Je crois que les Québécois sont beaucoup plus conservateurs qu’ils ne le pensent ! »