La ministre Kathleen Weil s’est arrêté à Bury dans le cadre de sa tournée des communautés anglophones de la province.

Kathleen Weil prend le pouls de la communauté anglophone

La ministre responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, Kathleen Weil, s’est arrêtée à Bury lundi pour visiter un foyer pour personnes âgées et une école primaire, ainsi que pour participer à une période de questions ouverte au public.

Mme Weil était en compagnie du député de Mégantic Ghislain Bolduc pour écouter et rassurer des membres de la communauté anglophone estrienne sur une multitude d’enjeux et de préoccupations. La visite de la ministre s’inscrit dans sa tournée des communautés anglophones de la province pour déterminer les dossiers sur lesquels le Secrétariat aux Relations avec les Québécois d’expression anglaise doit s’attarder prioritairement dans son plan d’action.

Le sens de la communauté

Lors de la période de questions, certains enjeux tels l’accès à des formulaires gouvernementaux en anglais et l’exode vers les grands centres ont retenu l’attention. « Ce sont des gens très enracinés, très fiers. Ils sont contents de vivre en région et veulent pouvoir y rester, tout en s’assurant que le gouvernement écoute. Je suis ici pour dire que oui, on est à l’écoute, et qu’on a créé une structure au sein du gouvernement pour s’assurer de l’être. L’accès à des services dans le domaine de la santé en anglais est une préoccupation palpable, ainsi que la rétention des jeunes dans la région », explique-t-elle.

Mme Weil met l’accent sur l’importance des organismes communautaires, omniprésents dans les communautés anglophones. « L’idée, c’est de supporter la vitalité des communautés un peu partout au Québec. En Estrie, plusieurs organismes dont la Townshipper’s Association de Lennoxville travaillent en étroite collaboration avec les carrefours jeunesse et les organismes communautaires pour veiller aux besoins de la communauté. Ces organismes nous aident à cerner les problèmes majeurs qui doivent être adressés, en plus d’aider la population. On n’a pas la chance d’être toujours sur le terrain, donc on a besoin de se faire mettre au courant des préoccupations des communautés. »

Petits et grands désagréments

Même si la ministre a réussi à rassurer la majorité des anglophones présents avec l’élaboration du nouveau plan d’action du Secrétariat et sa mission, certaines inquiétudes persistent. Pauline Wilson, une résidente bilingue d’un village anglophone, s’explique mal pourquoi elle ne peut pas acheter certains livres qui n’ont pas été traduits en français. « Il y a des jeux pour enfants et des livres qu’on ne peut tout simplement pas commander au Québec à cause de la loi 101 », fait-elle valoir. « Je veux commander des livres pour que mon petit-fils puisse apprendre l’anglais plus facilement et c’est très difficile à se procurer à cause de la fameuse loi. C’est frustrant, on voit ça comme un geste de discrimination, pur et simple. »

Un homme de Bury qui préfère garder l’anonymat explique quant à lui qu’avec des bases en français, on peut facilement se débrouiller. « Lorsque je vais à l’hôpital ou dans d’autres institutions gouvernementales et que je me mets à parler en français, les préposés remarquent rapidement mon accent. Neuf fois sur dix, ils s’efforcent de parler en anglais pour m’accommoder, ce qui démontre leur bonne volonté. L’entraide et l’ouverture d’esprit sont la clé », explique le septuagénaire.

Le budget provincial pour la prochaine année révèlera la somme dont jouira le Secrétariat pour s’attaquer à ces problèmes. « C’est un long processus que l’on commence et on veut assurer à la population qu’on s’y commet pleinement », réitère Mme Weil, qui continuera sa tournée des milieux anglophones au cours des prochaines semaines.