Le gouvernement Couillard est sans équivoque en faveur d'une commémoration. Sur la photo, une vigile tenue le lendemain de la fusillade à la Grande Mosquée de Québec.

Journée contre l'islamophobie: le PLQ refuse de se prononcer

Le Parti libéral du Québec (PLQ) prend finalement quelques distances par rapport à la demande formulée par les organisations musulmanes du Canada afin que le 29 janvier devienne une journée d’action contre l’islamophobie. Le gouvernement Couillard est toutefois sans équivoque en faveur d’une commémoration.

Après avoir affirmé la semaine dernière que la position du PLQ était «en analyse», Charles Robert, responsable des relations médias au cabinet du premier ministre Philippe Couillard, a référé Le Soleil, dimanche, au cabinet de David Heurtel, ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion.

Lors d’un entretien téléphonique, l’attaché de presse de M. Heurtel, Maxim Labrecque, a soulevé d’entrée de jeu que ce n’est pas le provincial qui avait été interpelé par la demande appuyée par 70 organisations musulmanes. «La demande a été faite au premier ministre du Canada. Nous, on n’a pas été interpelés là-dessus. […] C’est important de le rappeler», a-t-il déclaré.

La demande officielle, signée par le Conseil national des musulmans canadiens, réclame que le 29 janvier, jour de la tuerie de la Grande Mosquée de Québec l’an dernier, soit nommée «Journée de commémoration et d’action contre l’islamophobie» partout au Canada.

Sans remettre en question le devoir de mémoire, M. Labrecque a élagué la portion sur l’islamophobie en insistant sur le fait qu’il y avait d’autres «initiatives au Québec». «Il existe déjà la Journée nationale du vivre-ensemble qui se tient le 15 janvier [aujourd’hui], la Semaine d’action contre le racisme [qui inclut] la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale le 21 mars et la Semaine québécoise des rencontres interculturelles qui se déroule au cours de l’automne.»

«Il est essentiel de commémorer la tragédie», a-t-il poursuivi, sans dire de quelle façon le gouvernement songeait à le faire ou si une initiative supplémentaire était dans les plans. «On n’a rien de plus à ajouter.» M. Labrecque a aussi mentionné que M. Heurtel attendait d’avoir en main la programmation complète des activités de commémorations prévues du 26 au 29 janvier pour indiquer de quelle façon il pourrait y participer. 

La Coalition avenir Québec — qui a été le premier parti à se positionner sur cet enjeu —, et le Parti québécois se sont dits opposés à une journée contre l’islamophobie. Québec solidaire est le seul parti à s’être montré en faveur.

Réticence au fédéral

La position des libéraux provinciaux n’est pas très loin de celle des libéraux fédéraux qui, eux, sont directement interpelés. Dans un article publié dans La Presse+ samedi matin, des sources de l’équipe libérale affirmaient que les troupes du gouvernement Trudeau ne s’entendaient pas sur la demande des communautés musulmanes. 

Le reportage mentionne que les rangs libéraux ne voient pas nécessairement l’utilité de jumeler une journée de commémoration à une journée d’action contre l’islamophobie. 

Selon des échos obtenus par Le Soleil, l’empressement à inclure la date du 29 janvier dans le calendrier officiel dérangerait au sein des troupes libérales. Dans le cas de la tuerie de Polytechnique, en 1989, il a fallu attendre en 1991 avant que la Journée de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes soit officialisée.

Le bureau de la ministre Mélanie Joly, qui a hérité du dossier, dit depuis le début «prendre acte» de la demande, sans se commettre.