La Ville de Sherbrooke a fixé à 5,5 M$ la somme qu’elle est prête à débourser pour accueillir les Jeux de la Francophonie en 2021. Elle laisse maintenant le gouvernement provincial annoncer ses couleurs avant d’aller plus loin dans les scénarios.

Jeux de la Francophonie: la balle dans le camp de Québec

Les ministres estriens François Bonnardel et Isabelle Charest ont fait le point mardi avec leur collègue à la Francophonie Nadine Girault en ce qui a trait à la candidature de Sherbrooke pour les Jeux de la Francophonie 2021.

Peu de choses ont filtré de cette rencontre, si ce n’est que les coûts de l’événement et le financement en provenance du gouvernement provincial étaient au cœur des discussions.

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Le temps presse puisque le Conseil d’orientation du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) se réunit jeudi à Paris pour prendre acte du désistement de Moncton-Dieppe et examiner les candidatures possibles pour prendre la relève.

Arrivée deuxième derrière Moncton-Dieppe en 2015, la Ville de Sherbrooke a confirmé lundi soir qu’elle soumettait à nouveau sa candidature à condition que sa participation financière n’excède pas 5,5 M$.

Le conseil municipal a pris cette décision sur la base du budget évalué à 52 M$ lors de la mise en candidature de 2015. 

La ministre du Développement international et députée de Compton-Stanstead Marie-Claude Bibeau a aussitôt répété que le gouvernement fédéral assumerait 50 % des coûts du secteur public, c’est-à-dire les coûts qui relèvent du municipal, du provincial et du fédéral.

Il revient toutefois au gouvernement du Québec de présenter la candidature de Sherbrooke au Comité international des Jeux de la Francophonie et d’obtenir le cahier de charges qui permettra de poursuivre l’analyse des coûts, a précisé lundi soir le directeur général de la Ville, Daniel Picard.

Au bureau du ministre responsable de l’Estrie François Bonnardel, on assurait mardi que la ministre Girault vise faire une annonce d’ici jeudi. 

« L’objectif n’est pas de laisser traîner le dossier éternellement », a dit l’attaché de presse Marc-André Morency.

Le cabinet de la ministre Girault n’a pas répondu à la demande d’entrevue de La Tribune.

Au cabinet du maire Steve Lussier, on attendait la décision du gouvernement avant d’aller plus loin dans les scénarios.

Pour cette même raison, l’administration municipale a refusé de détailler les 5,5 M$ sur la table, se contentant de répéter ce qui a été présenté en séance extraordinaire lundi, soit que 2,5 M$ sont déjà prévus au budget triennal pour des immobilisations, 1 M$ sont réservés au budget 2019 pour la mise à niveau de la piste d’athlétisme, 600 000 $ sont prévus pour le transport des personnes pendant les Jeux et 1,4 M$ seront fournis en biens et services (logistique, personnel et autres).

Les Jeux de 2025  

Le CIJF tient sa 15e réunion jeudi et vendredi au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Paris.

Dans une brève convocation, l’organisme souligne qu’à près de deux ans des Jeux de 2021, le retrait de la candidature du Nouveau-Brunswick est « inédit dans l’histoire des Jeux mais l’OIF reste confiante que les Jeux se tiendront bien en 2021 », du 23 juillet au 1er août. 

Les premiers Jeux de la Francophonie ont eu lieu en 1989 et ils se tiennent tous les quatre ans, en alternance dans un pays du sud et un pays du nord. Ils réunissent jusqu’à 4000 athlètes en provenance de 60 pays dans 16 disciplines sportives et culturelles.

Trois États et gouvernements étaient candidats en 2015. Outre Moncton-Dieppe et Sherbrooke, il y avait la France (La Guadeloupe) qui s’est retirée rapidement.

Notons que la journée de vendredi de la réunion du CIJF doit être consacrée à des travaux concernant les Jeux de 2025, dont « la finalisation du guide en vue du lancement de l’appel de candidatures ».

Quant à la Ville de Winnipeg, qui avait proposé la semaine dernière « d’explorer la faisabilité logistique et économique » d’être l’hôte de ces 9es Jeux de la Francophonie, elle a changé son fusil d’épaule puisque que Sherbrooke a une longueur d’avance dans sa préparation, selon le conseiller Brian Mayes.

Enfin, par communiqué mardi, le député néodémocrate de Sherbrooke Pierre-Luc Dusseault s’est dit prêt à travailler de concert avec le maire Lussier et les élus de Sherbrooke pour obtenir les « garanties nécessaires du gouvernement fédéral » pour l’organisation des Jeux.

M. Dusseault a rappelé que le gouvernement du Canada a la responsabilité de protéger la réputation du pays dans sa capacité à organiser des rencontres sportives et culturelles internationales, en plus de promouvoir la richesse de la culture francophone au sein de la communauté internationale.  

« La population sherbrookoise, les élus et le maire Steve Lussier peuvent compter sur moi pour les soutenir tout au long du processus visant à organiser les Jeux de la Francophonie à Sherbrooke tout en respectant la capacité de payer de nos concitoyennes et de nos concitoyens », affirme-t-il.