Le conseiller Vincent Boutin admet que les élus sherbrookois ont hâte de voir ce qui va découler de cette discussion, mais estime que la volonté des ministres de la Francophonie est toujours présente.

Jeux de la Francophonie : une discussion entre Girault et Joly encore reportée

Pour la troisième fois en une semaine, une discussion concernant le financement des Jeux de la Francophonie entre Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie, et son homologue fédéral, Mélanie Joly, a été annulée. Les deux ministres n’arriveraient pas à trouver un moment pour se parler en raison de leur horaire chargé.

Initialement prévue le 21 février, la discussion a été reportée à dimanche avant d’être replanifiée jeudi en fin d’après-midi puis annulée de nouveau. L’attaché politique de la ministre Girault confirme que cette discussion n’aura pas lieu vendredi non plus alors que s’ouvrira la période de mise en candidature pour les Jeux.

Rappelons que Nadine Girault a entrouvert la porte la semaine dernière à une bonification de la somme, présentement fixée à 17 millions, qui pourrait être allouée par Québec pour la tenue des Jeux de la Francophonie à Sherbrooke, en 2021.

« On verra avec les discussions », avait-elle mentionné à La presse canadienne.

Le conseiller Vincent Boutin admet que les élus sherbrookois ont hâte de voir ce qui va découler de cette discussion, mais estime que la volonté des ministres de la Francophonie est toujours présente.

« Pour avoir déjà travaillé pour un ministre, je sais que les horaires sont chargés et que l’actualité va vite par les temps qui courent. Mais il y a une volonté de se rencontrer puisque les rencontres sont replanifiées chaque fois. »

Un montant borderline

Paule Robitaille, porte-parole de l’opposition libérale en matière de relation internationale et de francophonie s’est invitée dans le débat jeudi en mentionnant que les 17 millions $ promis par Québec étaient insuffisants.

« Selon les experts impliqués dans l’affaire, 17 millions $, c’est un peu borderline, explique-t-elle. C’est un minimum finalement et est-ce que c’est un minimum parce que ça ne les intéresse pas? Ils étaient prêts à mettre 19 millions $ pour rembourser des demandes d’immigration. Je ne veux pas avancer de chiffre parce que je ne suis pas dans la négociation, mais autant du côté fédéral que municipal, on a montré son enthousiasme dans le dossier. Il reste Québec à se manifester. Il est minuit moins une en ce moment. »

Mme Robitaille a également interpellé directement le premier ministre François Legault.

« Le premier ministre s’est dit un deal maker, indique-t-elle. Cet événement-là est l’occasion de faire ses preuves. C’est une question de volonté et aussi de négociation avec Ottawa. S’ils veulent vraiment les Jeux, je suis sûre qu’ils peuvent trouver un terrain d’entente. »

« On est un état indépendant dans la francophonie, on a les pleins pouvoirs, résume-t-elle. On peut prendre le lead. Ottawa n’a pas intérêt à perdre les Jeux non plus. C’est une grosse affaire. Je me souviens quand j’étais petite, il y a eu la super franco fête à Québec. J’avais 5 ans et je m’en souviens encore. Ce sont des événements qui marquent. »

Le comité organisateur ouvrira officiellement vendredi 1er mars les mises en candidatures pour l’organisation des Jeux de la Francophonie en 2021.