Le conseiller Luc Tremblay

«Je m’en calisse»: le conseiller Luc Tremblay suscite la controverse en critiquant le maire Lévesque

TROIS-RIVIÈRES — Le projet d’abaisser la limite de vitesse à 40 km/h dans les rues locales et collectrices à Trois-Rivières suscite des débats enflammés. Le conseiller municipal du district de Châteaudun, Luc Tremblay, y est même allé d’un commentaire très direct envers le maire Yves Lévesque sur sa page Facebook.

«Tant qua (sic) moi, je m en (sic) calisse de ce qui (sic) pense», a-t-il écrit sur sa page Facebook, lundi, en réponse à un internaute qui lui indiquait que le maire est contre cette modification.

M. Tremblay l’admet, les mots employés pour exprimer son opinion n’étaient pas appropriés. «Oui, j’ai été trop cru. Je l’avoue. Mais, j’assume ce que je dis pareil. Ce que je dis, c’est que peu importe ce que M. Lévesque en pense, ce n’est pas ce qui va influencer ma décision. Je suis assez grand pour prendre mes propres décisions», a-t-il expliqué. 

Toutefois, lors de l’assemblée publique du conseil municipal, mardi soir, Luc Tremblay a tenu à présenter ses excuses au maire. «Je veux faire des excuses publiques à M. Lévesque pour mes propos. J’avoue que ce n’était pas délicat, inapproprié. J’assume que je dis, mais j’assume aussi mes torts et je veux m’excuser publiquement à M. Lévesque», a-t-il indiqué.

Rappelons que le maire Lévesque avait qualifié le projet «Vision zéro» de ridicule sur sa page Facebook la semaine dernière. M. Tremblay voulait exprimer qu’il n’est pas influencé par son opinion. «Je ne ferai pas de cachettes, il y a certains conseillers à la Ville que si le maire dit rouge ils vont dire rouge peu importe que ce soit bon ou non. Moi, je ne suis pas comme ça. Moi, je dis ce que je pense et j’ai ma propre opinion. Je continue à être pour, peu importe ce que
M. Lévesque en pense.»

Il a précisé que la personne avec qui il argumentait sur Facebook lorsqu’il a écrit son commentaire sur M. Lévesque est son neveu. «C’est mon neveu et on se connaît bien. Je l’ai dit comme ça parce que c’est à lui directement que ça s’adressait. Si j’avais parlé à un citoyen ordinaire que je ne connais pas, je n’aurais jamais dit ça.»

Il mentionne qu’il est habitué de s’exprimer de cette façon. «Moi, je suis un gars de construction. J’ai travaillé sur la construction toute ma vie. Sur les chantiers, ça sacre. J’ai sacré toute ma vie. Depuis que je suis conseiller municipal, je fais attention un peu plus. Mais c’est mon naturel.»

M. Tremblay se défend d’être «un anti-Lévesque». «M. Lévesque a fait des bonnes choses. Mais il y a des choses sur lesquelles je ne suis pas d’accord», réitère-t-il. «Les gens disent que je me câlisse de M. Lévesque. Ce n’est pas vrai du tout. Je ne me câlisse pas de M. Lévesque. Ma réaction voulait dire que je me câlisse de l’opinion de M. Lévesque là-dessus», ajoute-t-il.

Son commentaire sur sa page Facebook a suscité de vives critiques des internautes. «Je ne savais pas qu’on avait élu un conseiller avec un tel manque de savoir-vivre. Je suis pour la liberté d’expression, mais même si mon opinion n’est pas la même que la vôtre, le respect aura toujours sa place», a commenté une citoyenne. 

«M. Tremblay, si je suis votre logique qui est de se foutre de ce que M. le maire Lévesque pense, cela veut aussi dire que vous vous foutez aussi de la majorité des citoyens qui ont voté démocratiquement pour le mettre en place pour un autre mandat, honte à vous, vous n’êtes pas digne d’avoir un siège au conseil de ville», a ajouté un internaute. «Et si la population trouve ça ridicule, est-ce que vous vous en caliss***
M. Tremblay?», a demandé un autre citoyen.

Le conseiller municipal assure qu’il va désormais mesurer davantage ses propos lorsqu’il va s’exprimer sur les médias sociaux. Il a d’ailleurs effacé son commentaire quand il a constaté le flot de critiques qu’il suscitait. «Ils ont droit à leur opinion, mais moi aussi, j’ai le droit à la mienne. Mais hier, quand j’ai vu que ça dérapait et que je me suis mis à me faire insulter et à me faire traiter de tous les noms, j’ai tout effacé ça. Ça ne sert à rien d’animer la polémique, mais ça n’empêche pas que ça se propage pareil.»

La discussion a débuté lorsque M. Tremblay a partagé un article du Nouvelliste sur la modification des limites de vitesse à Saint-Boniface. Signe que Vision zéro, qui vise à améliorer la sécurité routière, est controversé, ce partage a suscité des dizaines de commentaires dont certains virulents. Le conseiller municipal se dit très surpris de toute la polémique entourant ce projet. «Je n’en reviens pas encore. De diminuer la vitesse à 40 km/h, c’est un point de Vision zéro. La Vision zéro, c’est de protéger les gens vulnérables. C’est ça le but. Je pense que c’est très louable. Toutes les études démontrent que pour préserver les citoyens vulnérables, la première chose à faire, c’est de diminuer la vitesse dans les quartiers.»

Il mentionne aussi que pendant son porte-à-porte durant la campagne électorale, plusieurs citoyens ont déploré que les automobilistes circulent trop rapidement dans les quartiers résidentiels. «Ç’a été le sujet marquant de ma campagne. Quand on a pensé à ça, on se disait que nos citoyens allaient être contents. Malgré tout, ça dérape. C’est la fin du monde de ralentir dans les quartiers résidentiels. Les limites de vitesse, on ne les change pas dans les grandes artères. Je vous l’avoue, je suis vraiment très surpris de la réaction. On était sûr de faire des heureux.»

Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches