Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Innopole : « Nous n’avons pas le fin détail du projet. Il faut s’asseoir avec les gens de la Ville, mais je ne crois pas que ça touchera beaucoup d’emplois chez nous. C’est ce que j’ai dit aux employés. »

Incertitude dans les organismes paramunicipaux

Le flou et l’incertitude planent sur les organismes paramunicipaux sherbrookois au lendemain de l’annonce d’une réforme de la gouvernance en matière de développement économique. Si la confiance semble régner à Sherbrooke Innopole, le silence de Destination Sherbrooke laisse transpirer une inquiétude un peu plus grande.

Le plan présenté lundi soir, dans lequel on annonçait que les élus se retiraient des conseils d’administration des paramunicipales, laissait planer le spectre de mises à pied au sein de ces organisations. La directrice générale adjointe, Marie-France Delage, ne pouvait toutefois pas chiffrer le nombre de postes qui pourraient être abolis à l’issue d’une transformation qui durerait entre trois et six mois. On sait néanmoins que le budget consacré au développement économique est amputé de 600 000 $.

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Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Innopole, avait prévenu ses employés lundi matin qu’une réorganisation serait annoncée au conseil municipal en soirée. « Il reste des choses à mettre en place. Nous n’avons pas le fin détail du projet. Il faut s’asseoir avec les gens de la Ville, mais je ne crois pas que ça touchera beaucoup d’emplois chez nous. C’est ce que j’ai dit aux employés. Si on regarde les documents présentés, c’est ce qu’on peut conclure. »

Mme Fortin reconnaît qu’il y a toujours place à l’amélioration. « Le message essentiel, c’est qu’il faut toujours garder en tête l’entrepreneur au centre de nos actions. Changer pour changer, s’il n’y a pas de valeur ajoutée pour les entrepreneurs, ça ne donne rien. »

Josée Fortin ne prend pas position à savoir si les élus devraient demeurer au C.A. de Sherbrooke Innopole. « Nous avons déjà vécu des situations moins faciles avec des élus, mais ce n’est plus le cas. Nous sommes le seul organisme paramunicipal où le président n’est pas un élu. Je peux comprendre que de porter deux chapeaux peut devenir compliqué et je ne suis pas prête à dire que nous avions plus d’information parce qu’un élu siégeait au C.A. »

Mme Fortin ne se range pas à l’argument selon lequel les deniers publics seront mieux gérés par les élus. « Nos administrateurs sont redevables. Nous sommes audités. Depuis que Sherbrooke Innopole existe, nous avons aidé 163 entreprises à s’implanter à Sherbrooke, ce qui a permis de créer 6801 emplois. Nous avons démontré que nous étions performants. »

Silence à Destination Sherbrooke

À Destination Sherbrooke, la demande d’entrevue de La Tribune a été déclinée.

À Commerce Sherbrooke, le directeur général Charles-Olivier Mercier optait pour l’optimisme malgré l’imprécision du plan présenté lundi. « Une réforme est en marche et nous ferons des efforts pour bien comprendre les intentions de la Ville et travailler avec efficacité tout en maintenant ce qui fonctionnait bien. Nous sommes en train d’essayer de comprendre beaucoup de choses qui ne sont pas encore définies. »

Charles-Olivier Mercier, directeur général de Commerce Sherbrooke : « Nous avions été prudents dans nos budgets, donc nous ne sommes pas déstabilisés. Pour le moment, je ne suis aucunement en mesure de décrypter ce que nous gagnons ou ce que nous perdons. »

M. Mercier admet qu’il doit gérer de l’incertitude au sein de son équipe, mais qu’il poursuivra le travail comme avant. « Nous avions été prudents dans nos budgets, donc nous ne sommes pas déstabilisés. Pour le moment, je ne suis aucunement en mesure de décrypter ce que nous gagnons ou ce que nous perdons. Beaucoup de détails ne sont pas ficelés et nous n’en saurons pas plus avant la mi-janvier. »

Le directeur de Commerce Sherbrooke trouve du positif dans le flou actuel, y voyant une forme de flexibilité. « Il n’est pas inintéressant qu’il y ait encore de la marge de manœuvre. Du développement économique, il faudra continuer d’en faire. Nous pouvons certainement mieux nous organiser et il y a des choses à revoir, mais est-ce que nous réglons ça avec la nouvelle gouvernance? C’est une question qu’on peut se poser. »

Charles-Olivier Mercier croit pour sa part que la présence d’élus au C.A. est un élément positif. « Elle nous permet d’avoir des informations nouvelles pour mieux mettre en place nos actions. »

Rappelons qu’une transition de trois à six mois s’amorce pour élaborer une formule plus concrète. Les travaux sont menés par un comité de transition entre autres composé de Steve Lussier, Évelyne Beaudin, Nicole Bergeron, Rémi Demers et Annie Godbout.

Un poste de directeur au Bureau de coordination du développement économique sera créé.