«Moi, je n’en ai jamais rencontré à Québec solidaire, des fédéralistes de gauche», a déclaré samedi le leader parlementaire Gabriel Nadeau-Dubois en congrès à Longueuil.

Il n’y a pas de fédéralistes à Québec solidaire, dit Nadeau-Dubois

LONGUEUIL — Québec solidaire (QS) rejette l'argument selon lequel il abrite des fédéralistes et a milité en faveur du Nouveau parti démocratique (NPD) aux dernières élections.

Jeudi dernier, le chef du Bloc québécois (BQ), Yves-François Blanchet, a reproché à QS de lui avoir possiblement coûté des sièges à cause de son «appui actif» au NPD.

QS est resté neutre, insiste son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois. «Certains [...] aiment bien agiter l'épouvantail des fédéralistes à Québec solidaire; moi je n'en ai jamais rencontré», a-t-il plaidé samedi au congrès de son parti à Longueuil.

Un militant de longue date l'a contredit: François Saillant maintient que les fédéralistes sont présents au sein de QS et ils ne sont pas «tout à fait à l'aise» avec le projet indépendantiste du parti.

Il n'empêche que les quelque 600 militants de QS réunis en congrès ce week-end ont mis l'accent sur l'indépendance et adopté plusieurs propositions pour faire des «gestes de rupture» avec Ottawa, et ce, dès l'arrivée au pouvoir de QS.

Cela ne signifie pas que les prochaines élections seront référendaires, a soutenu la chef parlementaire de QS, Manon Massé. «Moi, je vous dis que ce n'est pas ça», a-t-elle répondu à un journaliste qui lui demandait si QS allait déclarer unilatéralement l'indépendance du Québec.

Elle a affirmé qu'en cas de victoire de QS en 2022, le parti appellerait une assemblée constituante, rédigerait une nouvelle Constitution avec les Québécois et la soumettrait à un référendum dans un premier mandat.

Un Québec indépendant sous un gouvernement solidaire se doterait d'une armée, «une force d'autodéfense hybride, à composantes civile et militaire, dont le rôle sera axé sur la sécurité collective et la dissuasion».

En clair, cette armée défendrait les Québécois en cas d'agression et serait appelée en renfort en cas d'inondations ou autres désastres naturels. Elle ne pourrait pas, par exemple, aller attaquer un autre pays.

Gestes de rupture

En attendant que le Québec obtienne sa pleine indépendance, il y aura des «gestes de rupture», en commençant par l'abolition du poste de lieutenant-gouverneur et du serment d'allégeance au monarque du Canada.

Par ailleurs, tous les impôts, taxes et contributions fédéraux payés au Québec seraient dorénavant perçus par le gouvernement du Québec. Il conserverait le code criminel et pénal canadien, le temps qu'il en adopte un nouveau.

Jamais un parti politique au Québec n'aura eu une démarche indépendantiste aussi claire, affirmée et décomplexée, a affirmé le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti. Il a souligné l'appui massif des délégués, qui ont conclu le vote en scandant «Le Québec, un pays!»

À force de tergiverser, le Parti québécois (PQ) «a perdu de la crédibilité», selon lui. «Nous autres, ce qu'on pense, c'est qu'il faut s'assumer dans la vie.»

QS compte grossir ses rangs en parlant d'environnement. D'ailleurs, le congrès a adopté samedi des mesures concernant l'instauration d'un système d'écofiscalité pour faire payer les grands pollueurs.

Dimanche, les délégués voteront sur le leadership politique du parti. Le jeune Beauceron Étienne Gélinas veut remplacer M. Nadeau-Dubois à titre de porte-parole masculin de QS.