Flanqué du député d’Orford, Gilles Bélanger, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a réitéré jeudi que son ministère ne possède « aucun programme normé » qui permettrait d’accorder l’argent demandé par IceWorks.

IceWorks : l’incertitude demeure

Le climat d’incertitude demeure pour la cinquantaine d’employés de l’entreprise IceWorks animation malgré la visite jeudi du ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, à Magog. Le président de la PME, Sylvain Viau, espère une aide financière majeure de la part du gouvernement provincial, mais il n’a pas encore reçu la réponse souhaitée.

M. Fitzgibbon a prononcé un discours devant des membres de la Chambre de commerce Memphrémagog jeudi midi. Il s’est également arrêté à l’Université de Sherbrooke et a rencontré des entrepreneurs du secteur des technologies de l’Information et des communications, à Magog, durant son passage dans la région.

En point de presse en fin de journée, le ministre a réitéré que son ministère ne possède « aucun programme normé » qui permettrait d’accorder l’argent demandé par IceWorks.

Il a cependant souligné que le « bureau du premier ministre » du Québec a été saisi du dossier IceWorks récemment. « C’est la place ultime pour les dossiers », a-t-il noté, tout en reconnaissant que le projet soumis par l’entreprise a de la valeur.

À ce sujet, le député d’Orford, Gilles Bélanger, a indiqué qu’il effectuera lui-même un suivi rapide avec la personne chargée du dossier IceWorks au bureau du premier ministre. M. Bélanger sait que le temps presse et aimerait qu’une solution définitive soit trouvée au cours des prochaines semaines.

Sylvain Viau déçu

Quant à Sylvain Viau, il admet qu’il s’attendait à recevoir une proposition relativement précise de la part du ministre Pierre Fitzgibbon jeudi, mais ses espoirs ont été déçus. Son entreprise a commencé à produire une série inspirée des aventures du personnage Amos Daragon, créé par l’auteur Bryan Perro, et elle demande au gouvernement de lui fournir une garantie de prêt de 2,9 millions $.

« On m’a informé que le dossier est rendu au bureau du premier ministre. C’est une chose que je savais déjà. Cela dit, je suis content que ma demande demeure à l’étude. Maintenant, il reste à voir quand j’aurai une réponse », note-t-il.

M. Viau souligne que certains de ses employés ont quitté le navire en raison de la situation. Or, advenant que plusieurs départs additionnels se produisent, il deviendra difficile de redémarrer le projet.

« Normalement, il aurait fallu avoir le financement souhaité en janvier dernier. On a travaillé pour sensibiliser le gouvernement à la situation et on a enfin l’écoute du ministre de même que celle de François Legault. Selon moi, si on a n’a pas une proposition sérieuse d’ici un mois, je vais devoir tout recommencer du début ou presque », exprime-t-il.

Rappelons que l’auteur à succès Bryan Perro, à l’occasion d’une récente visite dans la région, a révélé que plusieurs entreprises étrangères ont démontré de l’intérêt pour la nouvelle série Amos, chasseur de masques, dont les 13 premiers épisodes sont en production. L’achat des droits de la série par une entreprise étrangère signifierait vraisemblablement la perte des 50 emplois créés par IceWorks en région.

Deux avenues sont étudiées pour offrir du financement à IceWorks. D’abord, le Fonds capital culture Québec pourrait fournir une partie de l’argent désiré. Et puis il n’est pas exclu qu’Investissement Québec « prenne une participation au capital », si cela convenait à Sylvain Viau.