Ghislain Bolduc

Ghislain Bolduc a agi comme coordonnateur des efforts du gouvernement

Le député de la circonscription de Mégantic à l’Assemblée nationale, Ghislain Bolduc, a hérité d’un mandat spécial à la suite de la tragédie : la présidence du Comité interministériel pour la reconstruction de Lac-Mégantic. Son défi était de coordonner les efforts du gouvernement, où neuf ministères ont été impliqués. Il a su garder l’œil ouvert, question reddition de comptes, et il a su faire la part des choses en affichant une certaine prudence.

Fait à noter, sa formation en transport ferroviaire de matières dangereuses, durant sa carrière, lui a bien servi. À un certain moment, il a géré une flotte de 700 wagons. Il connaissait donc le milieu.

« Il fallait coordonner l’ensemble des organismes gouvernementaux, à l’intérieur d’un fonds dédié de 55 millions $ pour assister la Ville de Lac-Mégantic, au cours des étapes, aplanir les nombreux obstacles qui se présentaient. Nous avons su respecter ce budget alloué à l’intérieur du cadre financier, en excluant cependant la voie de contournement, un autre dossier qui fait l’objet d’une entente avec le fédéral », rappelle-t-il.

Le député de Mégantic a été impliqué dès les premières heures de la tragédie.

« Les premières 24 heures ont été pénibles. On recherchait les gens qui étaient absents, il y avait beaucoup d’incertitude, l’incendie à contenir… L’étape 2 fut l’ouverture de la polyvalente Montignac, où 2000 personnes se sont retrouvées au début, puis c’est baissé à 300, et l’évacuation du quartier Fatima. Les trois premières semaines, avec le député Christian Paradis, nous avons apporté une assistance quotidienne aux gens éprouvés, question de fournir des chèques, entre autres. Chaque jour, nous avons accompagné les mises à jour de la Sûreté du Québec, de la Sécurité publique, avec la mairesse, la Santé publique, etc. », raconte-t-il.

Par la suite, les wagons ont été enlevés, en les découpant, puis a commencé la saga de la décontamination des sols et des plans d’eau.

« Nous avons rencontré trois problèmes », se souvient-il. « La dynamique des écoulements souterrains, l’impossibilité de garantir une décontamination totale et la diffusion vers les bassins d’eau, le lac, la rivière. C’est ce qui a mené à la démolition même des bâtiments encore debout, pour assurer la décontamination, car les prêteurs et les assureurs n’auraient pas garanti l’avenir. Ce fut difficile pour la population, mais il n’y avait pas d’autre alternative pour garantir la santé et la qualité de vie des gens. Par la suite, les conséquences psychosociales, qui continuent encore aujourd’hui, où il y a près de la moitié de la population encore affectée. »

Il évoque d’autres niveaux de tragédie, selon lui, la reconstruction économique du milieu urbain, une tragédie commerciale, ramener les consommateurs à fréquenter les entreprises locales, avec de nouveaux outils, touristiques entre autres, la Promenade Papineau, en fonction aussi de la pénurie de main-d’œuvre, où l’immigration peut jouer un rôle essentiel, la situation au CSSS du Granit et au CHSLD, de même qu’au Centre d’études collégiales de Lac-Mégantic, qui a perdu 50 % de sa population scolaire.

« L’annonce de la voie ferrée témoigne du milieu qui s’est mis en mode solutions. C’est un précédent unique dans le monde que le déplacement de voies ferrées. Il y a eu beaucoup de paramètres pour rebâtir les structures. Au niveau du bilan financier, le 28 février 2018, au moment de la dernière mise à jour, nous en étions à 239 millions $, en incluant la décontamination, excluant la voie de contournement. Nous allons en arriver à 400 millions $ au total, en incluant le 50 % du fédéral », a-t-il conclu.