Le chef de la CAQ François Legault a vanté les qualités d'entrepreneur de Geneviève Hébert qui sera candidate de son parti dans Saint-François aux prochaines élections.

Geneviève Hébert candidate pour la CAQ dans St-François

Même si le Parti libéral y a remporté neuf des douze dernières élections, Geneviève Hébert ne croit pas pour autant que la circonscription de Saint-François puisse être qualifiée de forteresse libérale… Et c’est ce qu’elle entend démontrer en se présentant comme candidate de la CAQ en prévision des élections du 1er octobre prochain.

Âgée de 44 ans, Geneviève Hébert est en effet un visage connu dans Saint-François. Du moins dans le secteur Est de la ville de Sherbrooke où sa famille y est installée depuis au moins trois générations, a-t-elle précisé vendredi en annonçant officiellement sa candidature au côté du chef de la Coalition Avenir Québec François Legault.

Le fait d’avoir choisi le chalet du parc Bureau pour annoncer sa candidature n’est d’ailleurs pas étranger à l’attachement qu’elle dit vouer à ce quartier.

« Je suis une vraie fille de l’Est de Sherbrooke », a-t-elle précisé, en rappelant que c’est dans ce quartier qu’elle a exploité pendant 14 ans la boutique Mère Poule avant de se joindre à la firme de construction Habitations Plus. « Pendant 14 ans, j’ai connu beaucoup de familles dans le quartier, des familles que j’ai vu grandir et avec qui, dans certains cas, j’ai gardé des liens », a-t-elle rappelé.

Elle a aussi indiqué que ses racines familiales s’étendent jusque dans le secteur de Coaticook du fait que son conjoint, Joël Vaillancourt, est en fait le neveu de l’ancien député libéral Georges Vaillancourt, qui a siégé à l’Assemblée nationale pendant plus d’un quart de siècle.

Mère de « deux grands enfants dans la vingtaine », Geneviève Hébert dit s’être fixé trois grandes priorités si elle est élue le 1er octobre prochain.

Elle veut régler « une fois pour toutes » le sous-financement du Cégep de Sherbrooke. Elle veut aussi régler les problèmes liés au stationnement dans les différents pavillons du CIUSSS de l’Estrie. Enfin, elle veut venir en aide aux agriculteurs de Saint-François afin que ceux-ci puissent moderniser leurs moyens de production.

Quant à sa défaite aux élections municipales de novembre dernier dans le district de l’Hôtel-Dieu, elle dit n’avoir gardé aucun regret.

« Je peux vous dire que durant cette campagne j’ai cogné à toutes les portes du district. S’il y a des portes où je n’ai pas cogné, c’est parce qu’elles étaient bien cachées », a-t-elle soutenu.

Legault veut rafler l'Estrie

Porté par les sondages, le chef de la Coalition Avenir Québec François Legault ne vise rien de moins que de remporter les six circonscriptions de l’Estrie lors des prochaines élections générales. Selon lui, si la CAQ veut former un gouvernement majoritaire le 1er octobre, elle doit rafler tous les comtés de la région.

Le chef caquiste estime que la lutte dans les six circonscriptions de l’Estrie se fera essentiellement entre son parti et le Parti libéral et que les sondages menés par sa formation lui permettent d’envisager une percée significative, y compris dans les forteresses libérales de Saint-François, Sherbrooke et de Brome-Missisquoi.  

« On vise environ 70 comtés. Et les six comtés de l’Estrie, en incluant Brome-Missisquoi, sont dans ces 70 comtés-là, a déclaré M. Legault. Si on veut former un gouvernement majoritaire, la CAQ doit faire des gains en Estrie. Si l’élection avait lieu demain matin, selon nos sondages internes, on prendrait les six comtés. Par contre, il reste presque six mois (avant le scrutin), ça peut changer rapidement. Mais il y a une grogne à l’heure actuelle envers le gouvernement libéral. Est-ce que cette grogne sera encore là le 1er octobre? C’est ce qu’on va suivre de proche dans les prochains mois. », a-t-il ajouté.

Une occasion en or

Selon lui, le fait que tous les députés libéraux de l’Estrie (sauf Luc Fortin) ont annoncé leur départ représente une occasion en or pour la CAQ de faire élire des députés estriens à l’Assemblée nationale. « Je pense que dans les six comtés de l’Estrie, ça va être une lutte à deux : la CAQ et le Parti libéral. Je ne pense pas que les autres partis ont une chance en Estrie. Ça va être une lutte serrée », a-t-il prédit.

Le chef caquiste a d’ailleurs profité de son passage à Sherbrooke pour dénoncer le fait que les gouvernements péquistes et libéraux des quinze dernières années ont lit5téralement « abandonné » les Estriens sur le plan socio-économique.

Il a notamment dénoncé le fait que, globalement, les contribuables estriens doivent supporter un taux de taxe scolaire deux fois plus élevé que dans les Laurentides. Un gouvernement de la CAQ, a-t-il promis, va faire passer le taux de la taxe scolaire en Estrie de 18 cents à 10 cents du 100 $, ce qui représente une économie moyenne de 250 $ par famille.. « On va remettre de l’argent dans les poches des contribuables », a promis M. Legault en précisant qu’il entendait financer cette promesse en renégociant l’entente intervenue avec les médecins spécialistes.

Il a aussi dénoncé le fait que le salaire moyen en Estrie est de 12 % inférieur à celui du reste du Québec. « Comment on peut expliquer qu’une région qui a deux universités et le plus gros cégep de la région ne soient pas capables d’avoir au moins le même salaire moyen que dans le reste du Québec? C’est inacceptable! » a-t-il martelé tout en soulignant le fait que le taux de diplomation en Estrie était inférieur au 80 % promis par les libéraux.

4 candidats à nommer

La CAQ a maintenant fait connaître deux des six candidats qui porteront ses couleurs lors des prochaines élections en Estrie. Outre Mme Hébert dans Saint-François (voir autre texte), la formation a déjà annoncé la nomination d’André Bachand dans Richmond.  
Interrogé sur les rumeurs qui envoient l’ex-conseiller municipal Bruno Vachon dans Sherbrooke, M. Legault n’a rien voulu démentir : « On va revenir dans les prochaines semaines vous annoncer nos quatre autres candidats et candidates », s’est-il contenté de dire.

Enfin, le chef de la Coalition Avenir Québec a indiqué qu’un gouvernement caquiste allait prévoir une aide financière de 50 M$ par année au secteur agricole afin que les producteurs puissent investir dans la modernisation, y compris la robotisation, de leur ferme. « Les agriculteurs sont des entrepreneurs et on doit les soutenir dans leur entreprise. On va même bonifier l’aide de 50 M$ au fur et à mesure qu’on va dévoiler le programme de notre parti », a-t-il annoncé.

Concernant l’avenir de la gestion de l’offre, que d’aucuns croient menacée par les négociations de l’ALÉNA, M. Legault s’est porté à sa défense. « Il faut s’assurer que le Canada, Justin Trudeau en tête, ne donne pas la gestion de l’offre en monnaie d’échange. Il faut protéger ça comme la prunelle de nos yeux », a-t-il soutenu.