Le nouveau maire Steve Lussier n’avait pas le choix de réaliser sa promesse d’un gel du compte de taxes en 2018, estime la politologue Isabelle Lacroix en notant que le niveau de taxation demeure la principale préoccupation des électeurs à l’échelle municipale.

Gel de taxes: une promesse incontournable

Steve Lussier n’avait pas le choix de réaliser un gel de taxes. C’est l’opinion d’Isabelle Lacroix, politologue à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke, qui mentionne que le niveau de taxation est la principale préoccupation des électeurs à l’échelle municipale.

« Politiquement, il devait absolument faire un gel de taxes. ll a fort probablement été élu essentiellement sur ça, en se positionnant face à un ancien maire qui augmentait les taxes et faisait des choix de développement qu’il contestait. À un certain moment, il fallait qu’il assure », analyse Mme Lacroix.

LIre aussi:  Lussier tient promesse

« On a beau dire que les électeurs ont la mémoire courte, que c’est vers la fin du mandat que les politiciens distribuent les " bonbons ", mais M. Lussier ne pouvait pas fragiliser la confiance des électeurs en début de mandat. Avec ce gel de taxes, il vient de rétablir et de faciliter la relation avec les citoyens. »

Rappelons que le maire a connu un début de mandat houleux. Il a notamment dû présenter des excuses à son ex-directeur de cabinet, Daniel Bergeron, après l’avoir remercié. MM. Lussier et Bergeron ont présenté des versions différentes concernant des pressions pour inviter un citoyen à « pistonner » la conseillère Évelyne Beaudin.

« Nous n’avons pas beaucoup de données sur la politique municipale, mais l’élément le plus influent dans l’esprit des électeurs, c’est le niveau de taxation. C’est la première chose qui les fera bouger. J’aurais donc tendance à dire que le gel est suffisant pour faire oublier les premières semaines, qui ont révélé un maire avec une faible expérience. C’est un peu normal parce qu’il ne vient pas du domaine municipal. Les gens l’ont élu en sachant ça. Il y avait cette volonté d’avoir un outsider avec une vision différente. Il a quand même maintenu la promesse la plus importante. Maintenant, il ne faudrait pas qu’il cumule trop de gaffes liées à l’inexpérience. Il devra montrer ses capacités de gestion. »

Isabelle Lacroix, politologue à l’École de politique appliquée de l’UdeS

La suite des choses

Les citoyens auraient probablement accepté une hausse de taxes sous la barre de l’indice des prix à la consommation. « Il n’y aurait pas eu de manifestation, mais ça aurait grandement augmenté le cynisme. Les citoyens sont un peu ambivalents. Ils veulent plus de services, mais diminuer la pression des taxes et impôts. Le plus important, c’est la suite des choses. Le maire a déjà annoncé qu’il ne pourra pas maintenir le gel l’an prochain. »

Même s’ils ont été critiques, plusieurs conseillers municipaux se sont ralliés au maire. « Ces gens-là ont bien compris pourquoi les gens avaient voté pour le maire. On n’élit pas des gens pour qu’ils gouvernent avec leur volonté individuelle. Ils ne pouvaient pas aller contre la population, mais ils ont quand même établi une forme d’opposition. Ils sont plusieurs à avoir exprimé des doutes et à se garder une marge de manœuvre. Les conseillers ne sont pas des enfants à qui on peut imposer des choses. Ils ont été suffisamment convaincus que M. Lussier peut apporter ce qu’il promet. »

Isabelle Lacroix estime que la population donnera du temps à Steve Lussier pour prendre de l’expérience.

Enfin, quant au dossier du cabinet d’Évelyne Beaudin, Mme Lacroix hésite davantage à se prononcer. « Les gens n’aiment pas les partis au municipal. Je ne sais pas si l’usage de ces sommes (NDLR : 160 000 $) sera accepté par la population. »

9782 $ de plus pour Marc Denault

La présidence de la Société de transport rapportera 9782 $ au conseiller Marc Denault, ce qui lui permet de passer du 12e au 8e rang dans la liste des élus sherbrookois les mieux payés. Il bénéficie également d’une allocation de 2444 $ pour le remboursement de ses dépenses.

La Tribune publiait la semaine dernière le relevé de la rémunération des élus. Le tableau en question, où le maire Steve Lussier apparaissait en tête, suivi de la présidente du comité exécutif Nicole Bergeron, ne tenait pas compte du montant versé aux membres du conseil d’administration de la STS. Cette portion du salaire est versée directement par l’organisation.

Marc Denault touchera donc finalement un salaire de 67 705 $, alors que le vice-président, Pierre Tremblay, touchera une prime de 4890 $. Son salaire passe donc à 62 813 $. Son allocation de dépenses est la même que celle réservée pour le président.

La conseillère Évelyne Beaudin, également membre du C.A., passe pour sa part du 10e au 9e rang en ajoutant 2444 $ à son revenu annuel, pour un total de 64 038 $.

La prime de 2444 $ sera aussi versée à Chantal L’Espérance et Pierre Avard. Ces trois derniers élus ont droit à un remboursement de leurs dépenses jusqu’à concurrence de 1232 $.

À noter que malgré cette prime, Pierre Avard demeure le moins bien payé des conseillers municipaux avec 53 638 $. Le total pour Chantal L’Espérance atteint maintenant 92 674 $.

La rémunération des membres du conseil d’administration de la Société de transport de Sherbrooke est calculée en fonction d’une indexation des primes de 2 % pour l’année 2018.

La présidence de la Société de transport rapportera 9782 $ au conseiller Marc Denault, ce qui lui permet de passer du 12e au 8e rang dans la liste des élus sherbrookois les mieux payés. Il bénéficie également d’une allocation de 2444 $ pour le remboursement de ses dépenses.