Steve Lussier a tenu sa promesse : les contribuables sherbrookois bénéficient d’un gel de la taxe foncière dans le budget 2018.

Gel de taxe : Lussier tient promesse

Steve Lussier a tenu sa promesse : les contribuables sherbrookois bénéficient d’un gel de la taxe foncière dans le budget 2018. Le tarif du service d’eau potable sera quant à lui réduit de 4,30 $ alors que celui pour l’assainissement des eaux grimpe de 3,70 $. Les Sherbrookois devraient donc voir l’ensemble de leur facture réduite d’environ 0,60 $. Le budget 2018 de la Ville de Sherbrooke prévoit des dépenses de 300 M$.

Le budget 2018 compte des dépenses en immobilisations de 99,4 M$, alors que la Ville prévoit des investissements de 40,3 M$ pour maintenir ses actifs, notamment pour les services de radiocommunication. L’enveloppe totale pour la réfection des rues est quant à elle en baisse, passant de 15,3 M$ à 13,3 M$.

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« J’annonce à la population sherbrookoise qu’il y aura un gel de la taxe foncière. Nous pouvons nous réjouir d’avoir réussi, tous ensemble, ce tour de force. Nous avons dû faire des choix difficiles, mais nous sommes confiants que les citoyens de Sherbrooke ne verront pas le niveau de leurs services diminuer pour autant », a lancé le maire Steve Lussier.

Pour expliquer comment les élus en sont parvenus à un gel de taxes, M. Lussier a d’abord mentionné que les élus ont « mis un frein aux demandes additionnelles de nos services municipaux et de nos organismes ». À titre d’exemple, en 2017, la Ville avait approuvé 3,9 M$ en demandes additionnelles. Cette année, ces demandes s’élevaient à 4,1 M$, mais le conseil municipal n’a approuvé que 813 600 $, soit 20 % des demandes.

Steve Lussier cite aussi le plan d’optimisation, qui doit permettre de réduire les dépenses de 1 M$ en 2018, sans compter la réduction du nombre d’élus, qui doit générer des économies de 404 000 $. La Ville réduira aussi d’un million de dollars le montant payé comptant pour les immobilisations et s’appropriera 453 000 $ dans les surplus accumulés en plus de réduire d’une somme équivalente la contribution 2017 à la Société de transport de Sherbrooke. C’est le coût du carburant, moins élevé que prévu, qui permet de rapatrier cette somme.

« Notre endettement en sera légèrement augmenté, mais c’est un choix réfléchi pour permettre à la population de se remettre des hausses de taxes subies au cours des dernières années », dit Steve Lussier.

« Pour s’enrichir, il faut investir. Le retour sur l’investissement n’arrive peut-être pas la première ou la deuxième année, mais on finit par le voir », ajoute la présidente du comité exécutif, Nicole Bergeron.

Le budget 2018 compte des dépenses en immobilisations de 99,4 M$, alors que la Ville prévoit des investissements de 40,3 M$ pour maintenir ses actifs, notamment pour les services de radiocommunication.

Revenus à la hausse

D’un autre côté, des revenus plus élevés de 3 % sont anticipés, soit l’équivalent de 9 M$. Ces sommes sont anticipées en raison d’une contribution plus importante de 1,4 M$ d’Hydro-Sherbrooke. La hausse de la valeur du parc immobilier rapporterait 2 M$ de plus en taxes alors que les ventes de terrains industriels feraient grimper les revenus de 2,2 M$. Une tranche supplémentaire de tarification sur les droits de mutations immobilières et une plus grande contribution du gouvernement du Québec sur son parc Immobilier permettent d’espérer 1,8 M$ de plus.

« Je sais qu’il n’y aura aucun impact sur les services. C’est pour ça que nous sommes allés de l’avant avec ce projet-là. On manque d’argent. On n’a pas assez de revenus, alors on va aller chercher des revenus. Nous ne pourrons pas aller au gel de taxes l’an prochain, mais on va essayer de maintenir quelque chose de bien. C’est une année électorale alors je vais demander ce qu’on est capable d’aller chercher auprès du gouvernement. »

Steve Lussier parle d’un exercice difficile quand il est question de l’élaboration du budget. « Plusieurs programmes de subventions gouvernementales sur lesquels nous comptions ne sont plus disponibles. On parle d’une réduction de 17,5 M$ dans le cadre du programme de la taxe sur l’essence. Cela veut dire que Sherbrooke devra assumer une plus grande partie des dépenses reliées aux grands travaux de réfection de nos rues. Je ne serai pas le premier maire ni le dernier à réclamer davantage d’aide de la part des gouvernements supérieurs pour répondre aux nombreuses charges qui incombent aux villes. »

Concernant les investissements moins élevés dans les rues, la directeur général Yves Vermette estime qu’il fallait équilibrer les dépenses en fonction d’autres besoins grandissants. Un point de vue que partage Nicole Bergeron.

« Il ne faut pas se leurrer. Quand on a mis plus d’argent dans les rues, on a demandé à d’autres services d’attendre. Nous avons aussi perdu des sommes importantes des gouvernements. C’est là qu’on voit que quand les paliers supérieurs nous aident, il y a un effet de levier qui nous permet d’en faire beaucoup plus. »

La demande budgétaire pour le cabinet d’Évelyne Beaudin s’élève à 160 000 $. En comparaison, le maire dépensera un peu moins de 600 000 $ pour son propre cabinet.

La tarification pour l’eau potable passe de 147,05 $ à 142,75 $. Celle pour l’assainissement de l’eau grimpe de 226,35 $ à 230,05 $. La tarification pour la vidange des fosses septiques passera de 71,15 $ à 65,85 $, soit une baisse de 5,30 $.

En 2017, la population de Sherbrooke a grimpé à 166 633 personnes. Ce sont 680 logements qui se sont ajoutés sur le territoire, alors que 8,4 km de rues ont été construits et 9,2 km de trottoirs. La Ville doit aussi entretenir deux parcs supplémentaires.

« Il ne faut pas se leurrer. Quand on a mis plus d’argent dans les rues, on a demandé à d’autres services d’attendre. Nous avons aussi perdu des sommes importantes des gouvernements. C’est là qu’on voit que quand les paliers supérieurs nous aident, il y a un effet de levier qui nous permet d’en faire beaucoup plus », a fait valoir la présidente du comité exécutif de Sherbrooke, Nicole Bergeron.