Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, exige de vastes consultations du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE), de l’extraction du gaz à son exportation, avec l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre (GES) du projet.

Gazoduc: un projet «intéressant», selon le ministre Julien

«Considérant les retombées économiques d’importance qu’il peut engendrer pour le Québec», le «projet privé de l’entreprise Gazoduq nous paraît intéressant», affirme le ministre québécois de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.

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«Nous suivrons donc avec intérêt la démarche du promoteur. Bien entendu, le projet devra respecter les exigences environnementales et obtenir l’acceptation sociale auprès des communautés concernées», a ajouté le ministre dans une note transmise au Soleil par son cabinet.

Le projet de l’entreprise Gazoduq vise à acheminer du gaz naturel de l’Ouest canadien jusqu’au Saguenay en construisant une nouvelle conduite souterraine de quelque 700 km depuis Rouyn-

Noranda. Il est lié à la construction d’une usine de liquéfaction, de trois réservoirs de stockage et d’un terminal maritime aux abords de la rivière Saguenay.

Comme le prescrit la loi, les différents segments du projet feront l’objet d’une procédure d’évaluation environnementale rigoureuse, a assuré, également dans un envoi écrit, le cabinet de la ministre québécoise de l’Environnement, MarieChantal Chassé. Ni elle, ni Jonatan Julien n’étaient disponibles vendredi pour répondre à des questions.

Globalement, si ces projets, tous liés entre eux, étaient complétés, ils nécessiteraient des investissements de 14 milliards$, selon leurs promoteurs. Des navires achemineraient le gaz liquéfié en Europe, où plusieurs pays cherchent à réduire leur dépendance au gaz russe.

«Irrecevable», dit Manon Massé

À l’opposé de l’ouverture manifestée par le gouvernement Legault, Québec solidaire s’oppose d’entrée de jeu et s’opposera à ce projet et à ses différents volets. «Pour nous, ce projet est irrecevable. Le gaz naturel n’est pas une énergie de l’avenir», tranche la solidaire Manon Massé.

«Il y a plein d’autres façons de créer de l’emploi dans des régions qui en ont par ailleurs fort besoin, dit-elle en entrevue. Le gaz naturel n’est pas une énergie de transition.»

Entre le gouvernement caquiste et Québec solidaire, on retrouve les positions du Parti québécois et du Parti libéral du Québec. À ce stade-ci, le PQ se montre plus sceptique que le PLQ.
Pour que ce projet global soit acceptable, il faudrait d’abord que ses promoteurs puissent garantir qu’il ne transportera pas de gaz de schiste, dit le péquiste Sylvain Gaudreault.

Autres conditions : le Québec devra être le seul à juger s’il est acceptable ou non et l’examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) devra se pencher sur l’ensemble du projet, «de l’extraction jusqu’à l’exportation».

M. Gaudreault ne veut pas «un BAPE sur chacun des volets du projet», mais une analyse globale, laquelle serait mieux à même, selon lui, de mesurer l’impact réel quant aux émissions de gaz à effet de serre, par exemple.

Du côté de l’opposition officielle libérale, le député Saul Polo affirme que le BAPE devra certes avoir le dernier mot, mais que le mieux serait qu’un travail de collaboration puisse être mené entre lui et l’Office national de l’énergie du Canada, ce qui permettrait «de réduire les délais» et d’obtenir le plus rapidement possible le portrait à partir duquel les autorités publiques pourront trancher.