Le ministre de la Famille a annoncé la mise en place du projet pilote pour la garde à horaires atypiques mercredi.

Garde à horaires atypiques : les organismes sceptiques

Bien que très attendu par de nombreux parents nécessitant ces services, le projet pilote pour la garde à horaires atypiques serait difficilement applicable à court terme par les différents organismes communautaires familiaux de la région.

Même si elle estime qu’il s’agit d’une belle annonce pour le Québec, Nathalie Bélanger, présidente de la Fédération québécoise des organismes communautaires famille (FQOCF) s’interroge sur les enjeux d’organisation que cela engendre.

Lire aussi: Garde à horaires atypiques: Québec sollicitera des projets

« Il faut regarder ce que cela implique dans sa globalité, le niveau de responsabilité et les infrastructures nécessaires pour nos organismes. Je me questionne à savoir si nous sommes réellement les bonnes ressources », a-t-elle indiqué.

C’est à la Maison de la famille de Sherbrooke que le ministre de la Famille, Luc Fortin, a fait l’annonce du projet pilote pour la garde à horaires atypiques, devant quelques responsables d’organismes communautaires de l’Estrie.

« Nous allons offrir un soutien financier jusqu’à hauteur de 75 000 $ aux organismes communautaires qui souhaitent déposer un projet. Ce montant servira à soutenir le démarrage et les frais administratifs des organismes. Les salaires des éducatrices ne sont pas admissibles, ce sont les organismes communautaires qui pourront fixer leur propre grille tarifaire », a expliqué M. Fortin.

Le service de garde à horaires atypiques correspond à un service qui se tient entre 18 h 30 et 6 h 30, ainsi que les fins de semaine.

Il sera possible pour les organismes et coopératives de déposer un projet jusqu’à la mi-octobre, alors que le projet-pilote devrait débuter à partir du mois de décembre.

De son côté, Sarah Gaudet, directrice générale de la Maison de la famille de Sherbrooke, qui offre déjà des services de halte-garderie, est aussi sceptique.

« Ça demande toute une organisation. On devra analyser la situation avant de prendre une décision. Peut-être que des partenariats pourront aider » a-t-elle ajouté.

C’est que l’organisme sherbrookois n’offre présentement ses services que trois jours par semaine en raison de ce que cela implique financièrement.

Ne fermant pas pour autant la porte à une possible participation à ce projet, les représentantes des organismes communautaires présentes estiment qu’elles auront besoin d’une période de réflexion et d’analyse afin de déterminer ce qui est le mieux pour l’avenir.

Famille-travail-études

Le ministre de la Famille a aussi profité de l’occasion pour faire l’annonce d’un soutien financier pour la conciliation famille-travail-études, destiné à certains milieux d’enseignement pour les parents-étudiants.

« Les parents-étudiants sont l’exemple type de conciliation. Ils ont des vies bien compliquées, on souhaite mieux les accompagner et surtout accompagner les établissements d’enseignement qui, eux, viendront en aide à ces parents. Ce programme pourra permettre à ces établissements de revoir leurs politiques en matière de conciliation ou même d’en implanter de nouvelles », a déclaré le ministre Fortin.

Rappelons que ces mesures s’inscrivent dans le programme de conciliation travail-famille-études (CTFE) du gouvernement du Québec, qui a consacré une somme de 7,3 M$ dans le budget 2018-2019, dont 3,5 M$ annoncés pour la mise en place du projet pilote.