Karine Godbout

Fronde contre Karine Godbout

Luc Élias, qui a orchestré les travaux au coin des rues Dunant et Thibault, où une station-service devrait s’installer, en plus d’être le promoteur du Carré Belvédère, accuse la conseillère Karine Godbout d’avoir été derrière les chaînes humaines contre ces travaux et d’avoir fait partie du groupe s’opposant au Carré Belvédère avant son élection.

Mme Godbout se considère comme une alliée et se défend de vouloir faire dérailler le projet.

« Elle essaie de planter un promoteur dans son propre quartier. C’est une conseillère très décevante qui est passionnée par les opposants au projet. Je n’ai aucune confiance comme promoteur en cette fille qui prêche par le négatif. Je trouve qu’elle est malhonnête et qu’elle ment. C’est elle qui était derrière les chaînes humaines contre le projet Dunant-Thibault. »

M. Élias déplore que Mme Godbout ait été la seule à voter contre un changement de zonage qui permettait « d’agrandir la prucheraie protégée et d’ajouter une bande végétale derrière 33 résidences. C’est triste d’avoir une conseillère comme ça. J’aurais aimé avoir un conseiller d’expérience avec une vision de grandeur ».

Mme Godbout avait alors affirmé : « Je ne suis pas contre le projet ni contre l’agrandissement du parc. Je ne suis pas à l’aise avec le processus. J’aurais trouvé pertinent qu’on puisse reporter ce point pour bien répondre aux questions des citoyens. »

Luc Élias dit avoir tenté de joindre Mme Godbout à quatre occasions depuis le début d’avril. « Elle ne m’a jamais rappelé. »

« Dans le passé, je lui ai proposé de travailler sur du positif. Mon grand souhait, ce serait d’avoir une piste cyclable qui relie l’Université de Sherbrooke à l’Université Bishop’s et qui passerait dans le Carré Belvédère. J’ai lancé l’idée d’installer des abribus intelligents qui affichent le temps d’attente en temps réel. Je lui ai demandé si elle serait présente pour la première pelletée de terre. Je n’ai pas eu de réponse. »

Karine Godbout affirme pour sa part n’avoir jamais reçu d’invitation à participer à la pelletée de terre, mais dit qu’elle est très ouverte à y participer. Dans le même sens, elle assure avoir rappelé M. Élias au début du mois, en plus d’une rencontre organisée en février, et qu’elle souhaite effectivement travailler à la construction d’une piste cyclable tel que le propose le promoteur. « Je voulais qu’il me présente le projet parce que je ne m’étais pas assise avec lui depuis mon élection. M. Élias est un passionné et un créatif et il présente un gros projet qui avait une vie avant que j’arrive. Je ne suis pas responsable de ses perceptions. »

La conseillère du district d’Ascot se défend d’appartenir à des groupes de pression, mais connaît Martin Gagnon, membre du Regroupement de citoyens pour le Boisé Belvédère. « Nous faisions partie du comité écoquartier du Mont-Bellevue ensemble. C’est la position qu’avait M. Élias pendant la campagne électorale de dire que j’étais membre du groupe. Oui j’étais présente sur le terrain et j’étais à l’écoute des citoyens, donc du regroupement aussi. Ma position en est plus une de médiation et de m’assurer que la communication se fasse bien. L’idée, c’est plus de démêler les choses. Le promoteur a effectivement les permis pour réaliser les deux premières phases de son projet. Je m’intéresse davantage au processus et je demeure ouverte. Tout le monde a une voix. J’ai fait ma campagne sur le milieu de vie et la concertation. Je ne suis pas une fille négative, donc son commentaire ne me rejoint pas. »

Quand Luc Élias dit ne plus faire confiance à Karine Godbout, cette dernière demande : « M’a-t-il déjà fait confiance? »

« Je suis une conseillère ouverte et je me vois comme une partenaire. Je suis bonne joueuse pour travailler avec M. Élias. Je ne suis pas contre le développement. J’aimerais peut-être apporter une vision intégrée. On sent ce besoin et ce désir des citoyens de s’impliquer dans leur milieu de vie. »

Karine Godbout est prête à rencontrer le promoteur à nouveau et à construire sa relation avec lui.