Les cégeps jouent un rôle essentiel dans la formation des penseurs et travailleurs de demain, surtout en région, a martelé la porte-parole libérale en matière d’éducation, Marwah Rizqy, en entrevue jeudi.

François Legault n’apprécie pas les cégeps à leur juste valeur, accuse le PLQ

Obnubilé par son désir d’implanter des classes de maternelles 4 ans à la grandeur du Québec, le gouvernement Legault en vient à oublier complètement les cégeps, déplore l’opposition officielle.

Pourtant, les cégeps jouent un rôle essentiel dans la formation des penseurs et travailleurs de demain, surtout en région, a martelé la porte-parole libérale en matière d’éducation, Marwah Rizqy, en entrevue jeudi.

La Presse canadienne a dévoilé la veille les attentes prébudgétaires de la Fédération des cégeps et du syndicat des enseignants de cégep, qui, de concert, exigent du gouvernement caquiste qu’il injecte au minimum 68 millions $ d’argent neuf dès cette année.

Cet argent servirait à implanter un nouveau modèle de financement des cégeps, tel que recommandé par un comité d’experts, qui suggère de rehausser le financement de base afin de réduire la proportion des sommes allouées en fonction du nombre d’étudiants, et ainsi rétablir l’équité entre les cégeps, peu importe la taille ou la région.

La Fédération des cégeps calcule aussi que les 48 établissements qu’elle représente - qui accueillent de plus en plus d’étudiants en difficulté - ont besoin d’environ 140 millions $ supplémentaires pour fonctionner.

Mais le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, n’a donné aucun signal jusqu’à présent que cet argent se retrouvera dans le prochain budget. «Dire que je suis déçue, ce serait un euphémisme», a déclaré Mme Rizqy.

«Aujourd’hui, ils ont les moyens d’investir dans notre réseau collégial. (...) On ne peut pas être un gouvernement et dire: «Nous, notre priorité cette année c’est les maternelles 4 ans». Les priorités du gouvernement doivent être pour l’ensemble des citoyens et les cégépiens ne sont pas des citoyens de seconde classe», a-t-elle renchéri.

Legault n’a pas compris

Selon elle, le premier ministre François Legault n’a pas «encore compris» à quel point les cégeps sont importants et offrent une «valeur ajoutée», surtout dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre.

Elle s’est rappelé les commentaires du chef caquiste en 2011, à l’effet qu’il ne fallait pas écarter l’idée d’abolir les cégeps parce que «comme le disent parfois certains parents, c’est une maudite belle place pour apprendre à fumer de la drogue et puis à décrocher».

À ce stade-ci, le réseau collégial tient à être rassuré, insiste l’élue libérale. «J’ai beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur n’est pas en mesure aujourd’hui de dire à son réseau: «On croit en vous et c’est pour ça qu’on va investir en vous». L’argent est disponible. Il n’a même pas le prétexte de dire qu’il n’a pas d’argent.»

Par ailleurs, Mme Rizqy a déploré l’absence de représentants de la Coalition avenir Québec (CAQ) au Sommet sur le secteur de l’aérospatial, qui se tenait jeudi à Montréal.

L’événement était l’occasion de discuter de l’avenir de cette industrie au Québec, tout en abordant l’enjeu du manque de personnel qualifié.

L’été dernier, la CAQ s’était engagée à valoriser les parcours de formation professionnelle et technique, et donner davantage d’autonomie aux cégeps pour qu’ils développent des programmes adaptés.