François Legault a conseillé au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, de donner plus d’autonomie aux provinces pour «garder le pays uni».

François Legault livre un plaidoyer pour l’unité canadienne

C’est la responsabilité de Justin Trudeau de préserver l’unité canadienne en accordant plus d’autonomie aux provinces, a déclaré le premier ministre François Legault, mercredi.

L’ancien ministre péquiste — qui siégeait sous Lucien Bouchard et Bernard Landry — a répondu à des questions en anglais sur le «Wexit», un calque du terme «Brexit» qui désigne le mouvement séparatiste en Alberta.

Il a conseillé au premier ministre du Canada, Justin Trudeau, de donner plus d’autonomie aux provinces pour «garder le pays uni».

«C’est une importante responsabilité qu’a le premier ministre du Canada de garder le pays uni, de s’assurer que les premiers ministres des différentes provinces soient heureux», a lancé M. Legault avant la période des questions.

Aujourd’hui, «c’est bleu profond à l’ouest, et rouge et bleu pâle à l’est», a-t-il résumé, en qualifiant la situation de «difficile» pour M. Trudeau, réélu lundi à la tête d’un gouvernement minoritaire.

Le Canada profondément divisé

L’élection fédérale a laissé le Canada profondément divisé. Elle a ravivé l’aliénation des provinces de l’Ouest, qui réclament davantage de moyens pour exporter le pétrole canadien, l’abolition de la taxe sur le carbone et des changements au système de péréquation, notamment.

«Les provinces veulent plus d’autonomie. Avant on disait ça pour le Québec, mais moi j’ai bien senti, quand j’ai rencontré les premiers ministres des autres provinces, que c’est une demande aussi qui est faite dans chaque province», a-t-il ajouté.

Par exemple, a-t-il rappelé, les provinces sont sorties d’une rencontre du Conseil de la fédération, en juillet dernier, en faveur de l’immigration économique. «Je reviens avec l’exemple de l’immigration : on voudrait dans chaque province avoir plus de pouvoir sur le choix des immigrants. Ce n’est pas seulement le Québec. Il y a des provinces qui veulent plus d’autonomie.»

En ces temps difficiles, où le Canada est politiquement divisé, la séparation de l’Alberta de Jason Kenney est-elle une réelle possibilité? «On n’est pas rendus là. Je ne pense pas que M. Kenney en soit là non plus», a déclaré M. Legault.