Le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, digère mal que dans les régions, les projets soient «sur pause depuis trois ans».

Fonds d’appui au rayonnement des régions: pas encore en vitesse de croisière

Le Fonds d’appui au rayonnement des régions peine à atteindre sa vitesse de croisière.

À une trentaine de jours de la fin de sa première année d’opération, 11,5 % seulement des 30 millions $ de son budget annuel ont été versés à des projets émanant des différentes régions du Québec — hors des deux plus grands centres urbains. La première année du programme court depuis le 1er avril 2017 se termine le 31 mars, soit très bientôt.

Ces données proviennent d’un tableau obtenu par l’opposition officielle à l’Assemblée nationale grâce à la Loi d’accès à l’information. «Les gens sur le terrain continuent d’attendre», peste le député de la circonscription de René-Lévesque, Martin Ouellet.

Il montre du doigt le niveau peu élevé des «sommes décaissées» jusqu’ici, soit 3,5 millions $.

Pour les régions, «tout est sur pause depuis trois ans», fustige le député en rappelant que les Conférences régionales des élus ont été abolies. Le gouvernement Couillard a sonné le glas des CRE durant l’automne 2014.

100 millions $

En début d’année dernière, un nouveau fonds de 100 millions $ a été mis à la disposition des régions du Québec pour donner vie à des projets que les responsables locaux et régionaux doivent eux-mêmes déterminer. Pour l’année 2017-2018, il est doté de 30 millions $.

Le Fonds d’appui au rayonnement des régions ne vise pas à remplacer les Conférences régionales des élus, avait assuré le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Martin Coiteux, lors de son lancement.

Tout projet est le bienvenu pour autant qu’il soit décidé par les préfets des MRC, les maires et les gens de la région concernée. Il peut s’agir d’une nouvelle initiative dans le domaine touristique, d’une autre visant à faire revenir des jeunes ou encore d’un projet de transport à l’échelle régionale ou d’une formation spécifique pour répondre à une pénurie de main-d’œuvre.

Il s’agit en fait d’un programme et non pas d’un fonds à proprement parler.

Au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, on reconnaît qu’une «fraction» seulement de l’enveloppe a été versée jusqu’à présent. On indique toutefois que la moitié des 30 millions $ prévus par le Fonds en 2017-2018 est «engagée» — c’est-à-dire qu’il ne reste que des protocoles à signer pour qu’ensuite les sommes correspondant aux projets à financer soient envoyées aux bénéficiaires.

«Bien qu’une fraction de l’enveloppe ait été versée, près de la moitié de l’enveloppe de 2017-2018 était engagée en date du 23 février 2018», écrit le Ministère dans une réponse écrite qu’il a envoyée au Soleil.

Il ajoute que «ces engagements deviendront des versements prochainement» et qu’il est «confiant» de pouvoir «verser la quasi-totalité de l’enveloppe de l’année en cours d’ici la fin de l’année financière le 31 mars».

Le député Martin Ouellet digère mal cette réponse : au cours des 10-11 derniers mois, seulement la moitié de la somme a été «engagée» et le Ministère avalisera les 15 millions $ restant en une trentaine de jours, résume-t-il en demeurant dubitatif.

Il soupçonne le gouvernement d’avoir retenu l’argent de manière à permettre à des ministres de faire le plus possible d’annonces de projet le plus près possible de l’échéance électorale — à des fins électorales, donc.

Le Fonds d’appui au rayonnement des régions ne concerne pas les villes de Québec et de Montréal.