La présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, a peiné à garder le contrôle des interventions sur la vente du parc, lundi, à l’hôtel de ville, tant la contestation était vive.

Foire au conseil contre la vente d’un parc

Les citoyens ne décolèrent pas devant la vente potentielle du parc Willie-Bourassa-Auger. La présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, a peiné à garder le contrôle des interventions sur le sujet, lundi, à l’hôtel de ville, tant la contestation était vive.

Elle a néanmoins mentionné que ce n’est pas le conseil qui décidera de la vente du parc, mais bien les citoyens habitant les zones voisines du terrain concerné dans le secteur de Brompton. Évelyne Beaudin et Karine Godbout ont voté contre la poursuite du processus.

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D’entrée de jeu, Mme Bergeron avait annoncé qu’elle limiterait le nombre de questions des citoyens sur le sujet pour que la période de questions ne s’éternise pas. Devant le tollé et une intervention de la conseillère Évelyne Beaudin, les élus ont voté sur la longueur de la période de questions.

Le maire Steve Lussier a tenté de s’interposer en indiquant que les élus avaient convenu de limiter à 60 minutes la période de questions lors du dernier lac-à-l’épaule et a mentionné que Mme Beaudin était absente à ce moment. La conseillère lui a aussitôt demandé de se rétracter, affirmant au contraire avoir été présente.

Seules Évelyne Beaudin, Karine Godbout et Annie Godbout ont voté pour que tous les citoyens puissent prendre la parole sans exception.

Quatre citoyens sont donc intervenus en faveur du parc, rappelant qu’il n’est pas entretenu et qu’aucune signalisation n’en indique l’existence. « Pourquoi avoir voulu vendre ce parc, et si les citoyens s’y opposent par référendum, qu’allez-vous changer dans le processus de communication avec les citoyens? » a demandé Catherine Boileau.

« Comment se fait-il que le comité de l’environnement n’a pas été contacté pour la vente de ce parc? » a interrogé Serge Lapointe.

Nicole Bergeron a tenté de résumer les points importants du dossier. « Quand nous avons commencé à discuter de la vente possible du parc, nous nous étions entendus sur certains principes de base, soit d’aller à la rencontre des gens et que l’argent recueilli pour la vente soit réinvesti dans les parcs du district de Brompton.

« Ce n’est pas le conseil qui va décider si le parc va changer de zonage. Ce sont les 333 adresses du secteur concerné. Ce qu’on souhaite, c’est d’aller de l’avant pour que les citoyens aient une voix au chapitre. »

Processus référendaire

Elle fait ainsi référence au processus de signature d’un registre et d’un possible référendum. Si le processus se rendait au référendum, il coûterait 5000 $ à la Ville de Sherbrooke.

Les citoyens pourront demander l’ouverture d’un registre entre le 19 et le 27 juin.

« Le parc a été en vente avec une pancarte pendant trois mois », a précisé Mme Bergeron.

Quant à la possibilité d’aménager une piste cyclable qui passerait par le parc, Mme Bergeron confirme qu’il s’agissait d’un objectif d’en aménager une le long de la rivière, mais que l’idée avait été abandonnée parce qu’elle aurait traversé un trop grand nombre de zones inondables.

Annie Gobdout a invité la population à relativiser, indiquant que le parc couvre 4000 m2 alors que 170 000 m2 de parcs ont été ajoutés depuis 2013. Elle cite une lettre du Conseil régional en environnement qui suggère aux élus de se doter d’une stratégie de conservation.

Rémi Demers allait dans le même sens en mentionnant qu’il n’y avait pas de vente de feu des parcs à Sherbrooke.

Chantal L’Espérance a invité les citoyens du secteur à se mobiliser. « Je fais confiance au processus. Si ce parc a une importance pour eux, ils peuvent nous le faire savoir. »

Paul Gingues a suggéré qu’une autre éventuelle vente de parc soit nommée dès le début au conseil municipal.

Évelyne Beaudin ne comprend pas « l’acharnement de vouloir vendre un parc pour 91 400 $ » et a invité les citoyens à « renverser la mauvaise décision des élus ». Elle craint qu’il ne s’agisse que de la pointe de l’iceberg.

Karine Godbout aurait aimé que le comité de l’environnement soit avisé de la vente d’un parc.

Steve Lussier a mentionné que la population silencieuse n’a pas été entendue dans le dossier. Il a précisé que 25 frênes devront être abattus de toute façon sur ce terrain et que la bande riveraine sera maintenue.

Les échanges sont demeurés animés entre M. Lussier et Mme Beaudin, si bien que la conseillère Danielle Berthold s’est exclamée : « Ça n’a pas de bon sens ce soir. On dirait des enfants d’école. J’ai honte de siéger dans cette chambre. »

Les citoyens s’agitant de nouveau, l’un d’entre eux, Pascal Cyr, a été expulsé par le maire Lussier.

Nicole Bergeron a pour sa part reproché à Évelyne Beaudin son comportement dans le dossier. « Je n’ai jamais vu quelqu’un débarquer dans le district d’un autre conseiller pour faire une campagne de propagande sans donner toute l’information. Je trouve ça particulier. »