Fitzgibbon ouvert à donner de l’oxygène aux microdistilleries [VIDÉO]

Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon est ouvert à donner de l’oxygène aux microdistilleries du Québec, qui réclament les mêmes droits que les microbrasseries, les vignobles et les cidreries.

En pleine effervescence, les microdistilleries du Québec ont obtenu le droit de vendre leurs bouteilles de spiritueux directement à la propriété depuis un an. Mais c’est la Société des alcools du Québec (SAQ) qui garde la mainmise sur leurs profits, en s’appropriant 52,1 % du prix d’une bouteille de gin ou de vodka.

De passage à Québec pour annoncer une subvention de 100 000 $ sur quatre ans à la Distillerie Stadaconé, le ministre Fitzgibbon a promis d’être le «porte-parole» de l’Association des microdistilleries du Québec (AMDQ) au sein de son gouvernement. 

«Je suis à l’écoute des distilleries et je leur ai promis qu’on aurait une réunion bientôt pour voir en détail si effectivement il y a lieu d’assouplir [les règles] pour permettre une croissance plus importante des distilleries du Québec.»

Dans un mémoire déposé en février dernier, l’AMDQ réclame davantage de libertés, comme de pouvoir vendre les bouteilles d’alcool fort directement aux restaurants, aux bars et aux festivals.

Le ministre Fitzgibbon souhaite que les distilleries artisanales du Québec aient les reins assez solides financièrement pour faire de l’exportation à l’international et faire rayonner le Québec. «Je pense qu’il faut être fiers de nos artisans entrepreneurs qui ont réussi à bâtir en quelques années cette nouvelle industrie, tout en dépoussiérant les alcools traditionnels.»

Viser l’exportation

La Distillerie Stadaconé, qui a ouvert ses portes il y a quelques semaines dans Limoilou, a justement comme objectif d’exporter la grande majorité de ses bouteilles. «On veut faire partie d’une nouvelle vague qui va rendre le Québec connu, un peu comme l’Écosse a pu l’être», lance son président Jean-Pierre Allard, qui a laissé son poste de chef de la technologie chez Optel pour plonger dans cette nouvelle aventure.

Après avoir investi 1,8 million $ dans la distillerie, qui comprend également une boutique et un jeu d’évasion, les fondateurs Jean-Pierre Allard, Alexandre Thomas et Jonathan Chrétien débuteront bientôt la deuxième phase d’investissement, soit l’ajout d’une ligne d’embouteillage automatique. 

M. Allard croit qu’il est «logique» que la SAQ prenne une grande marge de profit sur la bouteille de spiritueux vendue dans ses succursales. Elle ne devrait toutefois pas «taxer» un produit vendu directement chez le producteur, croit-il. En raison des règles en place, Distillerie Stadaconé vend ses bouteilles de gin presque «à perte», raconte M. Allard. 

À l’heure actuelle, le Québec compte 55 microdistilleries qui font de la vente à la propriété. Celles-ci utilisent souvent des baies, des végétaux ou des fleurs typiques du Québec pour aromatiser leur produit.