Jonathan Savard a plaidé pour que la Ville continue d’investir dans les médias régionaux.

Financer les journaux, soutenir la démocratie?

SHERBROOKE — Un autre citoyen, Jonathan Savard, demande à la Ville de Sherbrooke de maintenir ses investissements dans La Tribune malgré sa nouvelle politique de publication des avis publics. Il s’est adressé aux élus pendant la période de questions à l’hôtel de ville. Il est le troisième à intervenir à ce sujet dans les dernières semaines.

« Je me questionne au sujet de l’abandon de la publication des avis publics par la Ville. La Tribune fait un travail de grande qualité. Son travail est aussi essentiel et nous savons tous que les médias traditionnels ne roulent pas sur l’or. Ils vivent un manque criant de ressources. C’est vraiment préoccupant non seulement pour La Tribune, mais aussi pour notre démocratie qui est déjà malmenée par une trop faible participation électorale et un cynisme grandissant. Le débat n’est pas : est-ce qu’on doit soutenir une entreprise privée? Le débat est plus grand : est-ce qu’on doit soutenir notre démocratie? », lance-t-il.

« Sans La Tribune, le taux de participation aux élections municipales serait sans doute plus bas. La participation au conseil aussi. Dans une région comme la nôtre, c’est la principale source d’information, autant papier que numérique pour les citoyens. Je ne serais sans doute pas ici si La Tribune ne m’avait pas sensibilisé aux enjeux municipaux à mon arrivée dans la région. Les avis publics sont assez peu utiles à la population, j’en conviens. Je les ai assez rarement lus. Par contre, est-ce que la Ville s’engage à acheter de la publicité servant à informer les citoyens sur divers sujets d’intérêt public pour le même montant que les avis publics? Est-ce que le montant ne pourrait pas même être augmenté au lieu de donner 110 000 $ pour le Guide citoyen à une firme de Trois-Rivières? Pourquoi pas financer une entreprise sherbrookoise au lieu de produire une compilation d’adresses internet qui malheureusement, pour la plupart des citoyens, ira aux poubelles et qui n’est vraiment pas écologique. »

À noter que le Guide du citoyen a plutôt été imprimé à Sherbrooke.

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, n’a pas voulu revenir sur les avis publics. « Pour ce qui est de l’abandon de l’ancienne façon de faire [...] ç’a été abondamment répondu. Je ne reviendrai pas plus sur ce dossier.

« Le Guide citoyen est un choix qui appartient au conseil municipal. Nous avons décidé d’aller de l’avant parce que l’InfoSherbrookois a été abandonné. Il coûtait 200 000 $ par année. Le Guide sera bon pour l’ensemble du mandat et nous communiquerons avec les citoyens avec un site web revampé que nous rendrons plus convivial. [...] Mais en même temps, il y a un grand nombre de citoyens qui aiment encore avoir un document papier. M. le maire a posé sa question au dernier Café du maire. Il y avait entre autres une personne qui arrive du Saguenay et il a pris connaissance de notre guide. Il trouvait que c’était intéressant comme outil. Il trouvait que c’était encore une façon très intéressante de communiquer avec eux. »