Évelyne Beaudin

Évelyne Beaudin accuse les indépendants de partisanerie

La conseillère de Sherbrooke Citoyen, Évelyne Beaudin, déplore que son chef de cabinet soit exclu des réunions de travail à huis clos du conseil municipal. Mme Beaudin juge qu’il s’agit d’une décision partisane de la part des indépendants pour museler l’opposition.

« Il y a un processus étrange qui se passe à l’hôtel de ville où c’est normal que le maire soit accompagné tout le temps de l’ensemble de ses employés politiques et nous, nous avons demandé l’accès au huis clos, comme le cabinet du maire, et on s’est fait refuser cette demande », résume l’élue du district du Carrefour.

« Il y a plein d’autres villes au Québec où il y a le cabinet du maire et le cabinet de l’opposition dans les huis clos. D’après nos informations, on est la seule ville où l’opposition est exclue des ateliers de travail à huis clos. Dans les autres villes, tout le personnel politique est exclu ou il est admis au complet. »

Évelyne Beaudin déplore un manque d’efficacité, où elle doit résumer l’ensemble des réunions à son directeur de cabinet, et à compter de maintenant à son attaché politique.

« Les autres élus n’ont pas réalisé qu’en excluant l’opposition, ils sont en train de prendre parti. Ce que nous disait la greffière, c’est que le maire a un peu le pouvoir de faire ce qu’il veut avec le plénier. » Au Service des communications de la Ville de Sherbrooke, on refuse de confirmer cette information qui serait justement issue d’un huis clos. Le maire Steve Lussier refuse de commenter pour les mêmes raisons.

« C’est de la partisanerie. Depuis le 5 novembre, les gens qui font de la basse partisanerie qu’on n’aime pas, ce sont les indépendants. D’exclure du monde en raison de leur couleur politique, c’est de la partisanerie. Il y a un clan des indépendants contre les partis, et les agissements des indépendants sont pires que ce qu’on a vu dans les partis. Même Bernard Sévigny était moins partisan que le maire que nous avons en ce moment. »

Le directeur du cabinet d’Évelyne Beaudin, Claude Dostie, explique qu’il a pourtant le même statut légal que la directrice de cabinet du maire. « Moi j’ai la même identité juridique que Julie Vinette. J’ai exactement le même rôle. Dans cet esprit-là, on s’est dit qu’il fallait avoir accès au huis clos, pour des raisons politiques, et ne serait-ce que pour des raisons d’efficacité. »

Évelyne Beaudin estime que le travail d’opposition est important et nécessaire. « Au lendemain du 5 novembre, c’était le changement. Tout le monde avait de l’espoir. Il y avait la lune de miel qui a duré trois semaines, jusqu’à ce que le maire admette qu’il avait menti à la population. Après on a vu qu’il était prêt à utiliser des méthodes malveillantes. On a vu aussi qu’il était vide. Il dit qu’il travaille sur des dossiers. Pour lui travailler sur des dossiers, c’est rencontrer trois personnes, parler à trois personnes et le dossier avance tout seul parce qu’il a parlé à du monde. Nous pendant ce temps-là, on fait des recherches, on monte des dossiers et on les documente. »

Mme Beaudin rappelle que l’opposition est importante quand le maire a été élu avec moins de la moitié des votes (43,54 %). « Il y a quand même plus de la moitié des Sherbrookois qui ne voulaient pas que ce soit Steve Lussier le maire de Sherbrooke. Vous avez peut-être remarqué une vague de retraites chez les hauts fonctionnaires à la Ville de Sherbrooke. Moi je ne pense pas que c’est un hasard purement relié au fait qu’ils ont tous le même âge. Étrangement tout le monde quitte le navire. [...] M. le maire de la transparence, à moment donné, il va falloir qu’il arrête de le dire et qu’il commence à le faire. »